La Prière de l’Eglise et l’Accroissement Spirituel 

H. F.

« Or en ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. Et l'un d'entre eux, nommé Agabus, se leva et déclara par l'Esprit, qu'une grande famine aurait lieu dans toute la terre habitée, laquelle aussi eut lieu sous Claude. Et les disciples, chacun selon ses ressources, déterminèrent d'envoyer quelque chose pour le service des frères qui demeuraient en Judée : ce qu'ils firent aussi, l'envoyant aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul.», Actes 11 :27-30

« Or vers ce temps-là, le roi Hérode mit les mains sur quelques-uns de ceux de l'assemblée pour les maltraiter. », Actes 12 :1

« Pierre donc était gardé dans la prison; mais l'assemblée faisait d'instantes prières à Dieu pour lui. », Actes 12 :5

« Mais la parole de Dieu croissait et se multipliait. Et Barnabas et Saul, ayant accompli leur service, s'en retournèrent de Jérusalem, emmenant aussi avec eux Jean qui était surnommé Marc. », Actes 12 :24-25

L'incident raconté au chapitre douze du Livre des Actes pourra nous être une aide précieuse, si nous en réalisons les vastes implications. Le verset 24, en disant que la Parole de Dieu croissait et se multipliait, ne parle pas simplement de ce qui se passa à Jérusalem après la libération de Pierre, mais de la propagation de l'Evangile sur toute la terre. Il y a ici un point remarquable en ce qui concerne le peuple de Dieu — « Mais la Parole de Dieu croissait et se multipliait. » Et cependant, toute l'explication de cela se trouve certainement au verset 5, où il nous est révélée la crise secrète qui avait amené ce reflux de la marée — « Mais... la prière. »

Chacun sait naturellement que ce treizième chapitre marque une nouvelle division du Livre des Actes, et qu'il introduit un développement très important dans la vie de l'Eglise. A partir de ce moment, le témoignage de Jésus Christ est propagé d'une manière surprenante et entièrement nouvelle par toute la terre; la Parole de Dieu en effet se multiplie. Cependant le récit se continue directement depuis le douzième chapitre, et lui est intimement lié. Il ne faudrait pas nous imaginer que ce nouveau développement ait été sans relations avec ce qui s'était passé auparavant; mais il faut plutôt tenir compte de la relation intime qui existait entre les événements survenus à Jérusalem et l'initiative prise précédemment à Antioche.

La Signification du Temps

a) Le Triomphe Spirituel à Antioche

« Or vers ce temps-là... » Quel temps ? Le temps d'une grande victoire et d'une bénédiction spirituelles à Antioche. L'Esprit de Dieu avait été puissamment à l'œuvre dans cette ville, et durant toute une année, Saul et Barnabas y avaient enseigné les nouveaux convertis, remarquables par la grâce immense de Dieu que l'on pouvait voir en eux. C'est alors, qu’au milieu de ce temps heureux de communion et d'instruction bénies, que s'élève une question toute pratique. Par le moyen d'un prophète venu de Jérusalem, le Saint Esprit leur présente une opportunité très pratique. C'est toujours ainsi qu'Il agit. Beaucoup de choses dépendent de la manière dont nous réagirons en présence d'un appel comme celui-là. Les saints d'Antioche apprennent qu'une famine menace la Judée, et c'est ainsi que, de manière très pratique, ils sont mis à contribution et doivent prouver s'ils vont efficacement profité de cette nouvelle. C'est un moment critique. Par le moyen du prophète Agabus, ils sont amenés à démontrer si, réellement, la grâce de Dieu a agi efficacement en eux. S’ils sont prêts à supporter l'épreuve. Leur réponse est immédiate et sincère. Ils mettent de côté tout sentiment que pourrait produire leur éloignement de Jérusalem ou leur indépendance à l'égard de l’assemblée qui s’y trouvait.

Leurs frères sont dans le besoin. Cela leur suffit. L'amour triomphe et ils se décident immédiatement à envoyer une assistance ; chacun selon son pouvoir.

« Or, vers CE temps-là, le roi Hérode se mit à... » — N'est-ce pas là ce que fait le diable. C'est précisément lorsqu'il y a un nouveau mouvement du Seigneur parmi Son peuple, et une expression plus pleine du triomphe de Sa grâce dans le cœur de Ses enfants, que Satan réagit avec une haine et une opposition d’autant plus cruelles. C'est tellement vrai dans notre propre expérience.

b) Les Débuts d'une Association Apostolique

Nous voyons un autre trait significatif, au temps où se fit cette attaque maligne, elle marque aussi les débuts d'une association très importante de deux hommes — Barnabas et Saul. Ils s'étaient déjà connus auparavant; c'était en fait Barnabas qui avait amené Saul à Antioche pour la première fois. Mais maintenant, un mouvement vital et significatif de Dieu va se faire, un mouvement qui demande le ministère de deux hommes. Dans la Providence de Dieu, ces deux hommes se trouvent ensemble à Jérusalem à ce moment même; il se peut qu'ils aient pris part à ce temps particulier de prière et d'intercession en faveur de Pierre. Nous ne devons pas faire trop de suppositions au sujet de ces mouvements des apôtres dont la Parole ne parle pas, mais le Saint Esprit a sûrement un but en rappelant leur présence à Jérusalem, immédiatement avant et aussitôt après le récit de la délivrance de Pierre d'entre les mains d'Hérode. Le chapitre onze se termine par l'arrivée de Barnabas et Saul à Jérusalem. Ils y étaient venus avec les dons qu'ils apportaient aux saints en détresse de cette ville. Il est vrai qu'il n'est fait aucune mention d'eux jusqu'au verset 24 du douzième chapitre; mais, à la fin du récit, il est parlé, au verset 25, de l'accomplissement de leur mission et de leur retour de Jérusalem à Antioche. Cela semble indiquer clairement que l'auteur du récit veut nous faire comprendre que Barnabas et Saul se trouvaient à Jérusalem durant la période intermédiaire. Il semble y avoir encore une autre confirmation à cela, dans le fait que les personnes réunies pour la prière étaient assemblées dans la maison de la mère de Jean Marc (verset 12), ce même jeune homme qui accompagna Saul et Barnabas lors de leur retour à Antioche. Cette réunion de prière à Jérusalem semble prendre une signification toute nouvelle. Elle est liée à des questions beaucoup plus vastes même que le ministère de Pierre et de l'assemblée locale. Premièrement elle arrête, puis renverse la marée montante de l'opposition des forces spirituelles, et ouvre la voie pour une puissante libération de l'énergie de l'Esprit ; à travers l'assemblée tout entière.

c) Le Temps de la Pâque

Il y a encore un autre point à relever, à l'égard de cet élément du temps; c'est que c'était le temps de la Pâque. « C'était pendant les jours des pains sans levain. » Il semble que, d'une manière générale, les saints aient encore observé les fêtes juives; il leur eut en effet été impossible de ne pas le faire à Jérusalem. S'ils n'observaient plus les autres fêtes juives, strictement, ils célébraient au moins la Pâque; ils en tenaient certainement compte. Lorsque la Pâque était célébrée, ils se souvenaient certainement, de manière vivante, de cette autre fête de la Pâque où, quelques années seulement auparavant, l'Agneau de Dieu avait été offert pour leur rédemption, il n'y a aucun doute à cela. Mais il y a toujours un danger dans notre commémoration des choses spirituelles; c'est qu'elle ne devienne une forme sans vie, au lieu d'exprimer des valeurs actuelles et vivantes. Le Seigneur doit prendre des précautions, afin de nous délivrer de ce péril. Il peut avoir vu que, à Jérusalem, les croyants couraient le danger de célébrer la victoire du Calvaire comme un fait de l'histoire ancienne, et c'est alors qu'il permit à Hérode de s’engager dans une nouvelle attaque, pour que le peuple de Dieu, amené dans un nouveau conflit, prouve à nouveau, et de manière personnelle, la puissance actuelle de la victoire glorieuse de Christ. Ce n'était donc pas tellement le temps de Satan — mais plutôt le temps de Dieu. Il n'y a pas de doute quant à la férocité de l'assaut qui tomba sur eux. « Mais... la prière. » Et nous pouvons réellement ajouter, « Mais Dieu... ».

Ne nous laissons pas décourager lorsque l'ennemi renouvelle ses attaques, et ne commettons pas la faute de nous imaginer que le Seigneur est contre nous, simplement parce que la vie est difficile et pleine de problèmes. Il y a une opportunité en tout ce qui nous arrive. De grandes choses sont en vue. C'est précisément lorsque l'assemblée qui était à Antioche répond de tout son cœur au Seigneur, lorsqu'un nouveau jour va paraître pour le témoignage universel de Christ, et lorsque Dieu va donner à Son peuple une preuve nouvelle du triomphe parfait du Calvaire, que « vers CE temps-là le roi Hérode mit les mains sur quelques-uns de ceux de l’assemblée ».

Cela nous aidera à apprécier un fait important, c'est que nos difficultés personnelles et nos épreuves locales, nos expériences corporatives de conflit spirituel, ont une relation vitale avec des activités de Dieu, beaucoup plus grande que nous ne pouvons l'imaginer. « Mais l'assemblée faisait d'instantes prières... » — « Mais la Parole de Dieu croissait et se multipliait. » Ces deux choses sont très intimement liées.

Dieu se Sert de la Famine

Ce fut une famine qui fut l'occasion de la présence de Barnabas et de Saul à Jérusalem. Nous savons en effet qu'une famine comme celle-là sévit sur une vaste étendue de la terre. Nous avons non seulement d'autres récits authentiques de la famine sévère qui frappa Jérusalem même, mais aussi des descriptions de la condition de famine qui sévit alors en Grèce et à Rome. C'était un de ces temps où le monde tout entier était dans la détresse et la souffrance. Tandis que ce serait une exagération de suggérer la pensée que la situation du monde fut permise pour que le dessein de Dieu pût être réalisé parmi Son peuple à Jérusalem et à Antioche, il n'y a cependant aucun doute quant au fait que les conditions du monde sont employées à la fois par le diable et par Dieu, pour des activités et des intérêts particuliers parmi le peuple de Dieu.

Supposons maintenant que les saints à Antioche, qui apparemment n'étaient pas eux-mêmes affectés par la famine, soient restés indifférents et impassibles à l'égard des besoins de leurs frères à Jérusalem. Barnabas et Saul n’y seraient pas allés à ce moment là; ils auraient pu manquer un dessein divin, et il aurait pu n'y avoir aucun développement spirituel à Antioche, tel que celui décrit au chapitre treize. Beaucoup de choses peuvent avoir découlé de l'envoi du secours à Jérusalem. Aucun de nous ne savons combien les questions spirituelles sont étroitement reliées entre elles.

Un chrétien ordinaire, l'un de ceux qui se rassemblèrent dans la maison de la mère de Jean Marc pour la prière, aurait pu penser n'avoir aucun rôle dans la grande mission apostolique et les triomphes de l'Evangile accomplis par le moyen de Barnabas et de Saul. Il aurait pu penser n'avoir lui-même aucune part en cela. Dieu seul sait quelle énergie spirituelle est libérée, jusqu'aux extrémités de la terre, lorsqu'un simple groupe de croyants se réunit pour la prière, et non seulement se réunit pour la prière, mais triomphe et remporte la victoire dans la prière. Le conflit paraît être lié à une situation purement locale ou à un besoin personnel, mais si ceux qui assiègent ainsi le Trône dans l'intercession se lèvent au Nom du Seigneur pour réclamer la plénitude de Sa victoire, la victoire personnelle et locale deviendra l'occasion d'une libération des forces spirituelles dans une sphère très vaste.

L'Epreuve de la Persécution

Nous voyons ensuite que la famine est suivie par la persécution, par l'emprisonnement de Pierre, et par une épreuve sévère pour tous les croyants. Quel était le but de l'ennemi dans cette persécution ? N'était-ce pas de disperser les saints, de les diviser, de les amener à perdre courage, et peut-être à se compromette, ou même à tout abandonner ? Nous sommes, nous aussi, affectés par les conditions mondiales, comme eux le furent par la famine. Il se peut que quelques-uns d'entre nous, nous nous trouvions dans une persécution réelle, mais nous souffrons aussi des tentatives que fait Satan pour nous décourager et nous diviser. Il est vrai que seul Pierre était réellement en prison, mais l'assemblée tout entière était dans l'épreuve; tous les croyants étaient éprouvés. Allaient-ils rester fermes au jour mauvais, et remporter la victoire ? Il est si facile de jouir des réunions, d'apprécier l'enseignement biblique, et d'apporter nos louanges au Seigneur avec tous nos frères et sœurs, et cependant de défaillir lorsqu’arrive le conflit. Il ne leur eût pas été difficile de perdre courage. Jacques leur avait été violemment enlevé; Pierre était en prison; tout semblait démentir la réalité de leur foi. A quoi leur servirait-il d'aller à une réunion de prière ?

Et très souvent, dans de telles circonstances, l'élément humain intervient. Pierre n'était pas un homme parfait, nous pouvons en être tout à fait certains; et dans une épreuve pareille, il devait leur être facile de se rappeler les fautes de Pierre. Ils pouvaient se dire que Pierre aurait pu éviter son arrestation, s'il avait agi différemment. Satan faisait tous ses efforts pour s'infiltrer au sein de ce troupeau, pour détruire la communion étroite des saints, pour les amener au doute, à la perplexité et à la discussion — à tout ce qui pourrait les empêcher de demeurer fermement ensemble dans la foi. Ils auraient pu sentir que cet emprisonnement était l'affaire de Pierre, et non la leur. Ils auraient pu le laisser trouver sa propre issue, tout en faisant peut-être par devoir une petite prière pour lui, bien que sentant en général que c'était son affaire personnelle, à lui. Et nous sommes, nous aussi, exposés à ces mêmes périls et à ces mêmes tentations. Nous n'avons pas à attendre une persécution active, car Satan cherche toujours à nous diviser en esprit, à nous rendre méfiants et critiques les uns à l'égard des autres, parfois même à rester égoïstement à l’écart. Le diable concentre toute son attention sur l'assemblée, pour lui faire perdre la foi, pour lui faire perdre l'espérance, et pour affaiblir son amour. Nous ne parlons pas ici de notre devoir d'assister à une réunion de prière — il se peut que quelques-uns des anciens n'aient pas été présents à celle-ci — mais nous soulignons le principe spirituel de la résistance à toute tentative de dispersion.

L'assemblée qui était à Jérusalem ne succomba pas devant cette tentation; elle se rallia dans une prière et un amour sincères, non pas seulement pour Pierre, mais pour la volonté et la gloire de son Seigneur.

La Victoire à Jérusalem

« Mais... la prière. » Nous avons ici la réponse spirituelle à un défi spirituel; et beaucoup de choses dépendent du résultat. Si la victoire n'avait pas été remportée à Jérusalem, si les saints avaient été dispersés, découragés et défaits, que serait-il arrivé à la Parole de Dieu ? La bataille réelle se livrait pour la libération de la Parole de Dieu. La question suprême, ce n'était pas ce qui allait arriver à l'assemblée qui était à Jérusalem, ni même ce qu'il adviendrait de Pierre. Ce qui importait réellement était ce qui allait arriver à la Parole de Dieu. Lorsque les saints se réunirent pour la prière dans la maison de Marie, bien qu'ils ne l'aient probablement pas réalisé alors, ils livraient la bataille pour l'évangélisation du monde, pour l'accroissement et la multiplication de la Parole de Christ. Il y a deux « mais » dans ce chapitre. Le premier, c'est la responsabilité de l'assemblée – elle ne se laissa pas ébranler. Satan essaya de renverser, de disperser, de détruire l'amour, et de changer la foi en désespoir, lorsqu'il fut soudain arrêté par une puissante résistance spirituelle — «Mais...la prière. » Ce fut un moment décisif. Tout le cours des événements est arrêté; et nous assistons alors à toute une suite bénie d'actes divins de délivrance. C'est immédiatement après cela — car Dieu avait pris ces choses en mains et faisait rapidement disparaître toute opposition — que Son peuple est conduit en avant, vers de nouveaux triomphes. Nous avons au verset 24 le grand « mais » divin : « MAIS la parole de Dieu croissait et se multipliait. » C'est la réponse à la prière de l'assemblée, la première responsabilité avait été la sienne, puis Dieu avait agi de manière puissante, et Il avait dit « mais » ; en libérant Sa Parole sur toute la terre.

De même que l'assemblée qui était à Jérusalem, nous avons, nous aussi, à subir des assauts contre notre foi, notre patience et notre amour. Si nous ne faisons pas résolument face à ces conflits locaux et personnels, pour remporter la victoire au Nom du Seigneur Jésus, quel espoir d'accroissement et de multiplication pourra-t-il y avoir ? Si, d'un autre côté, nous relevons le défi, comme le firent les croyants qui étaient à Jérusalem, en refoulant la menace du désastre spirituel par notre « Mais... la prière », Dieu répondra sûrement par Son « mais », et assainira le chemin pour un accroissement nouveau et une nouvelle plénitude.

Les Effets plus Vastes

Il semble donc qu'il y ait eu un contexte très vaste, des implications très grandes, quant à la lutte que fut la prière dans la maison de Marie. Les chrétiens qui étaient à Jérusalem pensaient être assaillis dans leur intérêt purement local et personnel. Ils sentaient, et cela avec raison, que par la prière ils pourraient remporter une victoire locale et immédiate. Que le Seigneur en soit béni !

Mais ce qu'ils ne savaient pas, ce qu'ils auraient à peine pu imaginer, c'est qu'ils se trouvaient à un moment crucial dans la stratégie divine, c'est que cette victoire signifierait une grande libération des serviteurs de l'Eternel et de Sa Parole. Un simple croyant à Jérusalem aurait pu se demander s'il était vraiment si important qu'il fût triomphant ou défait, si beaucoup de choses dépendaient réellement de sa loyauté et de sa foi. Cela importait beaucoup plus qu'il ne pouvait le réaliser. Il en est toujours ainsi. Cela importe immensément. Il y a des issues très vastes qui sont engagées dans les victoires ou les revers spirituels du peuple de Dieu.

C'est ainsi que, lorsque Pierre fut libéré, quelque chose d'autre fut aussi libéré; toute la situation fut libérée. Il avait semblé, durant un certain temps, que tout était arrêté. Ce seul homme, Pierre, avait paru être l'incarnation de tout l'état des choses. Il était enfermé, il était dans les chaînes, et il semblait que toutes les activités de l'Esprit, par l'assemblée, arrivaient à une fin. Tout alors dépendait de l'attitude du peuple de Dieu, allait-il accepter ce qui paraissait inévitable ? Allait-il succomber en face de l'opposition, et serait-il défait ? Si oui, nous n'avons aucune garantie quant à ce qui aurait pu arriver. Mais au lieu de succomber, les enfants de Dieu se levèrent dans la foi, pour affirmer que la Pâque n'est pas une simple commémoration d'une victoire passée, mais qu'elle est la célébration de la puissance toujours actuelle du triomphe universel du Calvaire. Dieu répond en libérant Pierre, mais bien plus encore. Il donne un accroissement nouveau et puissant à tout le témoignage de l'assemblée.

Nous arrivons maintenant au treizième chapitre du livre des Actes, pour y trouver Barnabas et Saul à la veille du jour où ils seront envoyés par l’Esprit Saint jusqu'aux extrémités de la terre. Il faut se souvenir qu'ils viennent d'arriver de Jérusalem, dans la bénédiction spirituelle d'une grande victoire; ils en sont revenus sur une conquête glorieuse de vie et de puissance, celle-ci fut donnée en réponse à la prière de la foi. A bien des égards, Jérusalem et Antioche peuvent avoir été différentes, mais il n'y a aucun doute quant à leur relation spirituelle. La nature organique de l'Eglise signifie que nous dépendons fortement les uns des autres. Ce n'est pas la voie du Seigneur que de confiner Son action à des cas limités et locaux. Il se saisit de nos épreuves et de nos conflits, pour en faire l'occasion de victoires spirituelles importantes, devant amener un accroissement vaste et étendu. Les enfants de Dieu sont unis ensemble dans leur expérience actuelle, et en association vitale pour les intérêts et la gloire du Seigneur.

Une Parole d'Avertissement

Il reste simplement un mot d'avertissement au sujet du jeune homme qui accompagna Barnabas et Saul. Marc avait eu naturellement tous les encouragements à devenir un compagnon d’œuvre. Il avait vécu tous ces événements émouvants. Il avait été plongé avec d'autres dans l'obscurité de la bataille, il avait éprouvé la tristesse de la défaite apparente, il avait entendu la prière, et il avait été le témoin de la réponse merveilleuse. Lorsque Barnabas et Saul retournèrent à Antioche, marqués par la délivrance merveilleuse de Dieu, Marc y descendit avec eux, rempli du sentiment de la puissance irrésistible de Dieu. Il était si enthousiaste et si inspiré qu'il n'eut aucune difficulté à s'offrir pour aller jusqu'aux extrémités de la terre pour Christ. Nous apprenons donc que, lorsque Barnabas et Saul partirent, « ils avaient aussi Jean pour serviteur. » (Actes 13 :5). Mais cela ne dura pas longtemps : « Jean s’étant retiré d'eux, s’en retourna à Jérusalem » (verset 13). Il semble qu'il n'ait pas été préparé à voyager dans un territoire sombre et hostile, tout en continuant à croire fermement que le Dieu qui avait répondu à la prière à Jérusalem était encore avec eux. La seule expérience extérieure des choses ne nous mène pas très loin. Saul et Barnabas avaient quelque chose de plus que cela; ils avaient une connaissance intérieure et profonde du triomphe de la Croix, et de la réalité toujours présente du Seigneur vainqueur.

Ceci est une note d'avertissement, afin que nous ne soyons pas de ceux qui regardent de manière superficielle la question de la lutte dans la prière. Nous ne pouvons pas vivre d'émotions et de miracles. Nous n'aurons pas toujours des résultats rapides. Le conflit spirituel croissant demandera une connaissance toujours plus profonde et intérieure du Seigneur. L'enthousiasme de Marc ne le porta pas très loin. Peut-être la meilleure chose fut-elle pour lui de retourner à Jérusalem. Nous ne pouvons le certifier, mais il se peut qu'il eût mieux valu qu'il n'en partît pas pour un temps, car après tout, c'était là qu'il avait appris quelque chose de la puissance de Dieu. Mais nous savons que, dans une simple maison de cette ville, une réunion de simples chrétiens, sans nom, soutint une lutte spirituelle puissante, et remporta une victoire qui eut des répercussions dans des pays et des nations bien plus lointains. Et cela peut être vrai de nous tous.

 

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