La Réponse de Dieu : la Croix

H. F.

« Je suis crucifié avec Christ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. », Galates 2 : 20

L’apôtre Paul lui-même ne pouvait empêcher des troubles et des difficultés de s’élever parmi le peuple de Dieu, mais il pouvait y apporter une réponse. Combien il est important que nous aussi nous sachions quoi faire lorsque la pureté et la puissance du témoignage du Seigneur parmi son peuple sont menacées. Comme Paul, nous avons besoin de connaître la réponse de Dieu qui n’est pas autre chose que la croix. C’est alors qu’il y avait un réel danger de division à Antioche, que l’apôtre écrivit ces paroles d’être crucifié avec Christ. Galates 2 :20 est bien plus qu’une déclaration personnelle : elle est l’apogée d’un énoncé, une déclaration publique concernant, ce qu’il appelle par deux fois « la vérité de l’Evangile », (versets 5 et 14). Quelle est cette vérité de l’Evangile ? C’est la puissance effective et opérante de la croix de Christ dans les vies humaines. Ce verset vingt est la parole suprême. La croix est toujours le mot final. Dans cette situation de grande difficulté à Antioche, nous pouvons croire que ce fut la parole salvatrice. Si nous pouvons imaginer la densité de la situation de conflit, nous pouvons penser, qu’à ce point précis, l’argument quant au légalisme s’effondra ; la situation fut sauvée. La croix est un message salvateur. Ce n’était pas uniquement la fin de l’argumentation de Paul, mais la fin de toute argumentation. Les nombreuses questions importantes quant à la situation à Antioche furent à peine abordées. La réponse de l’apôtre était singulièrement brève, il en est toujours ainsi. D’une manière ou d’une autre, les débats et différences sans fin perdent tout leurs poids lorsqu’ils sont amenés à la lumière de cette unique et grandiose vérité dominante. Si nous avons réellement été crucifiés avec Christ, toutes les autres choses semblent secondaires.

Une Question Personnelle

Nous remarquons, tout d’abord, combien Paul fait de cette question quelque chose de personnel. Il ne s’agit aucunement de théorie, ni de sentiment. Bien entendu, cette chose ne lui était pas particulière. Ce qu’il voulait dire lorsqu’il s’exclama : « Je suis crucifié avec Christ », n’était pas que ceci le touchait lui seul, mais que Pierre, Barnabas et tous ceux qui appartenaient véritablement à Christ, avaient, eux-aussi, été crucifiés avec leur Seigneur. Néanmoins, il était prêt à appliquer cette vérité à lui-même personnellement, car si la vérité doit être effective, elle doit être vue comme opérante en celui qui en parle. La croix n’est pas uniquement une simple réponse verbale, une doctrine ou encore une de ces nombreuses vérités ; mais elle est un défi pratique dans chaque vie. Lorsqu’il fit cette déclaration d’être crucifié avec Christ, Paul faisait face à des gens qui le connaissaient très bien. Il avait vécu à Antioche pendant un certain nombre d’années. Dans l’ardeur d’une telle controverse, si quelqu’un avait pu dire que la vie de Paul était inconsistante avec cette déclaration, sans aucun doute l’aurait-il dit alors. Barnabas était présent, lui qui avait vécu et voyagé avec l’apôtre. Il devait en savoir autant sur sa vie privée que sur son ministère public ; car ils oeuvrèrent ensemble pendant de longues années. Paul, sans parler de façon générale, comme nous le faisons souvent lorsque nous voulons nous excuser, et sans aucune crainte de contradiction, était capable de fixer Barnabas et de dire : « Tu sais bien Barnabas que je suis un homme crucifié ». C’est ainsi qu’opère la croix. Bien entendu, ceci ne veut pas dire que Paul était toujours parfait, et qu’il ne s’éloignait jamais de sa position d’union avec Christ. Néanmoins, il affirmait que sa vie tout entière était fondée sur cette position, et qu’à chaque fois qu’il s’en éloignait ; il était prêt à être réprimandé et à y retourner.

Une Provision d’Amour Divin

Nous remarquons également que Paul voyait une très proche association entre son expérience de la croix et le grand amour de Christ. Ceci est très important, car si nous avons une approche négative quant à l’œuvre intérieure de la croix, nous perdrons la jouissance de l’amour de Dieu et faillirons dans la manifestation de cet amour envers les autres. Nous ne doutons pas que, pour le pécheur, la croix est l’expression de l’amour de Dieu. Mais, lorsque nous réalisons que cette croix nous amène, nous les croyants, dans une relation étroite et personnelle de crucifixion avec Christ ; nous sommes de nature à perdre de vue l’amour de Dieu. Nous décidons et décrétons dans nos pensées qu’à partir de maintenant tout sera sinistre et rude. Il semble presque que les chrétiens charnels sont joyeux et heureux, alors que ceux qui sont crucifiés doivent s’attendre à traverser des expériences sombres et lugubres. Rien n’est plus éloigné de la vérité. La croix nous ramènera toujours à l’amour de Dieu, et ce de façon croissante.

C’est l’amour qui a provoqué notre crucifixion avec Christ, car ce n’est que par ce moyen que nous pouvons atteindre les glorieux desseins de Dieu. Paul ne supposait pas qu’il y eût une autre voie pour Pierre ou les croyants issus d’Israël, mais il démontrait que leur engagement présent ne pouvait conduire qu’au désastre. Ils savaient, comme lui, qu’il n’y avait pas d’autre voie vers la bénédiction et la gloire que la voie de la croix.

Le verdict de Dieu contre l’homme naturel et son insistance à ce que nous soyons crucifiés n’est pas parce qu’Il est contre nous, c’est par amour, car Il sait que c’est ici la seule réponse adéquate contre tout ce qui est opposé à notre progression spirituelle. Christ est la réponse, mais la croix est nécessaire pour Lui ouvrir la voie. Quel était donc le grand besoin à Antioche à cette occasion ? N’était-ce pas le fait qu’il fallait faire plus de place pour Christ ? Certaines personnes commençaient à apporter d’autres choses, d’autres intérêts, d’autres gens. Ainsi, il vint de Jérusalem ce qui y était enseigné, ou tout au moins ce qu’ils clamaient être enseigné à Jérusalem. Il semblait qu’il y avait un conflit entre Christ et Jérusalem. Paul ne s’opposait ni à Jérusalem ni à Pierre pour des raisons personnelles, ni par jalousie pour Antioche. Il n’était concerné que par Christ, qu’il y ait d’avantage de place pour Lui. Pour ainsi dire, la croix mettait fin à Jérusalem, comme elle mettait fin à Pierre et à Paul et à tout ce qui menaçait de prendre la place de Christ. C’était pour cette raison que Paul avait une si grande volonté d’être crucifié avec Christ, non pas qu’il trouvait cela plaisant, mais parce qu’il avait discerné que la croix donnait la possibilité à Christ d’accomplir son dessein d’amour dans les rachetés.

La Réponse de Dieu à la Chair

Lorsque Paul conclut son appel envers Pierre par ces paroles, il ne les utilisa pas comme base d’argument. Il ne s’agissait pas de parler ainsi comme pour éveiller les sentiments de Pierre. La croix était alors la réponse car elle est toujours la réponse ; elle est la réponse de Dieu à toutes situations. Considérons cette question de l’opération intérieure de la croix comme réponse à l’homme naturel.

Il y avait trois grands personnages à Antioche : Paul, Pierre et Barnabas. Tous les trois nous surprennent quelque peu. Nous sommes choqués par l’attitude de Pierre, comme l’avait été Paul. Mais l’apôtre était encore plus choqué par l’attitude de Barnabas, comme cela est illustré par la phrase : « Barnabas même fut entraîné. » ! Malgré tout, la plus grande surprise est Paul lui-même, bien que, dans son cas, la surprise est plaisante. Si quelqu’un pouvait avoir soutenu la supériorité du Judaïsme, cette personne était sans aucun doute Saul de Tarse. Naturellement, il aurait été plus nationaliste et intolérant que n’importe qui d’autre, et aurait été le meilleur défenseur des vertus des traditions et du système religieux juif. Si ce n’avait été pour la croix, Paul aurait été le leader de l’autre bord, surpassant de loin Pierre et Barnabas dans leur loyauté envers le Judaïsme. Ce qui lui arriva avait été extraordinaire, non seulement avait-il été libéré du joug sous lequel les autres étaient en train de tomber, mais il était prêt à se tenir seul pour la liberté et la vérité de l’évangile. Ceux qui l’avaient connu auparavant, devaient se demander ce qui lui était arrivé. La seule réponse qu’il pouvait leur apporter était celle-ci : « J’ai été crucifié avec Christ. » Quelle provision merveilleuse est la croix lorsqu’il s’agit de nous libérer de nous-mêmes ! Paul était peut-être autant une surprise pour lui-même que pour les autres tant sa transformation était totale, comme cela est révélé par son attitude à Antioche.

Ceci était dû au fait qu’il connaissait la croix comme une expérience constante. Ceci est démontré par l’attitude de Pierre. Son écart dans le Judaïsme est tellement invraisemblable, que beaucoup se demandent comment cet incident avait pu prendre place après la conversion de Corneille et après le débat à Jérusalem. Malgré tout, il n’y a pas de doute à ce sujet. Nous nous demandons comment un homme comme Pierre, qui reçu une vision extraordinaire à Césarée, et qui fut remarquablement confirmée par l’Esprit Saint, pu faire marche arrière. En outre, nous connaissons sa ferme position lorsqu’il fut défié par les judaïsants, et comment il prit une place prédominante lors de la réunion à Jérusalem. Cet écart à Antioche était une totale contradiction, non seulement quant à la vérité de l’Evangile, mais quant à ses propres expériences et ministère. C’est ce genre de chose qui arrive dès que la croix cesse d’opérer et que la vie naturelle est autorisée à refaire surface. C’est ainsi que nous arrivons à une terrible contradiction, non seulement envers la vérité en général, mais envers notre propre appréhension et proclamation de cette même vérité. Nous contredisons la chose même que nous défendions auparavant.

Qu’était-il arrivé à Pierre ? Il pouvait parler de la grâce de Dieu aussi bien que Paul. C’est ce qu’il avait fait lors de la réunion à Jérusalem (Actes 15). Les Ecritures nous disent clairement que ce qui motiva son attitude à Antioche était la peur de l’homme (verset 12). Nous savons de par son reniement du Seigneur Jésus, que cette disposition était une faiblesse naturelle de Pierre ; mais nous pensions qu’après la Pentecôte il était devenu un homme transformé. Et en effet, il avait fait l’expérience d’une transformation. Il pouvait témoigner de la puissance de la croix en ce qu’elle agissait puissamment envers la vieille nature. Ce n’était plus Pierre qui vivait, mais Christ qui vivait en lui. Malgré ceci, nous voyons combien cette vieille nature attendait pour se manifester. Aussitôt que Pierre s’éloignait de la base d’une constante expérience de crucifixion avec Christ, son homme naturel se trouvait toujours être Pierre ; le vieil homme. Pierre n’était pas un chrétien charnel, ni immature. Il avait fait l’expérience du puissant baptême de l’Esprit et avait vécu, pendant de nombreuses années, une vie chrétienne pleine et conquérante. Néanmoins, au moment même où il s’éloigna du fondement qu’est Christ, pour s’appuyer sur lui même, non seulement il chuta, mais plus encore, il retomba dans la même erreur dans laquelle il était tombé au tout début. N’est-il pas surprenant, qu’après des années de vie avec le Seigneur et de service pour Lui, qu’il soit possible que les mêmes manquements naturels ressurgissent ? Il en serait ainsi, si nous n’avions pas été averti que notre vieille nature ne change jamais – elle ne s’adapte pas à notre nouvelle position en Christ. La seule réponse que notre Dieu ait pour nos prédispositions naturelles, qui le mettent en échec et le déshonorent, est la croix. Si seulement Pierre décidait de rejoindre Paul sur cette base, et dire avec lui : « J’ai été crucifié avec Christ », il serait délivré de ses faiblesses naturelles ; tout comme Paul avait été délivré de ses forces naturelles.

La vie naturelle est toujours une grande menace pour le Seigneur. Ceci est également vrai dans le cas de Barnabas. Paul parle de lui avec tristesse plutôt qu’avec colère, car Barnabas avait été, de toute évidence, trompé : « Barnabas même fut entraîné avec eux par leur dissimulation. » Cette tromperie n’était pas fatale, il aurait pu l’éviter si seulement il avait vécu sa vie « dans la foi au Fils de Dieu. » Lorsque la croix œuvre en nous, elle défait toute notre force et sagesse naturelles ; et nous conduit à une vie de foi totalement dépendante du Seigneur. De façon très pratique, et fréquemment douloureusement, c’est « je ne vis plus, moi. » Mais c’est la seule sûre voie, l’homme naturel est tellement enclin à survivre. Même Barnabas n’est pas digne de confiance à moins qu’il ne demeure sur la base d’être crucifié avec Christ. En ce qui le concerne, il semble que ses propres qualités aient provoqué sa ruine. Il nous est dit qu’il était un homme bon, qu’il avait un noble caractère – généreux, gentil et charitable. Très probablement, son échec à Antioche était dû à son désir tout naturel d’être tolérant et indulgent ; il ne désirait sûrement pas froisser un grand serviteur du Seigneur comme Pierre, et peut être défendit-il sa position en mettant en avant l’importance de la communion fraternelle. Mais la véritable communion fraternelle ne nous éloigne jamais du terrain de la croix. Les largesses du cœur de l’homme naturel ne sont pas équivalentes à l’amour de Christ. Barnabas était peut être naturellement une personne plus aimable que Pierre. Cependant il était autant une menace pour la croissance spirituelle de l’assemblée que quiconque s’il cessait de maintenir sa position d’être crucifié avec Christ. Ne nous n’y trompons pas – une bonne nature peut être aussi dommageable qu’une mauvaise nature. C’est tout ce qui est naturel qui est dangereux, et pour contrer ce danger, Dieu n’a qu’une réponse : la croix.

La Réponse de Dieu aux Divisions

Nous sommes stupéfaits que des divisions aient pu se produire à Antioche. Au commencement, l’assemblée qui était à Antioche était libre de tout sectarisme, fondée et édifiée par et dans l’abondante grâce de Dieu. Elle occupe, dans le livre des Actes, une place de choix. Elle est le prototype de cette assemblée glorieuse et céleste dans laquelle « il n’y a ni Grec, ni Juif, circoncision et incirconcision, barbare, Scythe, esclave, homme libre ; mais où Christ est tout et en tous. », (Colossiens 3 :11). Comment un tel désastre avait-il pu arriver à Antioche ? Comment était-il possible que des querelles, des divisions, et des animosités puissent troubler cette gracieuse unité de laquelle Barnabas lui-même avait été un témoin ? Bien entendu, la réponse est la chair non crucifiée. Mais il est solennel de considérer la responsabilité de Pierre dans cette tragique confusion à Antioche. C’est Pierre que Paul avait dû réprimander, ce dernier le considérant comme responsable de ce qui se passait. Le « Moi » de Pierre n’était pas crucifié, et une seule personne non crucifiée peut créer le chaos dans l’œuvre du Seigneur. Il ne sert à rien de se remémorer l’appel de Jésus à Pierre, ni de se rappeler les nombreuses fois où Pierre avait été merveilleusement utilisé par le Seigneur. Pour nous tous, la crucifixion doit demeurer une expérience actuelle et présente ; si ce n’est pas le cas nous serons, nous aussi, une menace pour l’œuvre du Seigneur. Si pour un instant nous nous échappons du terrain d’être crucifié avec Christ, des différents, des brèches, des divisions et des animosités surviendront.

La croix est un antidote merveilleux pour tout ce qui est partisan et sectaire : à Jérusalem même, où ce qui était extérieur semblait encourager toutes sortes de différences, il régnait une harmonie bénie. Paul relate dans Galates 2 :9 la rencontre avec Jacques, Céphas, Jean, Barnabas et lui-même. Il raconte comment ils appréhendèrent la grâce de Dieu opérant entre eux dans une remarquable atmosphère d’unité. Les choses n’étaient sans doute pas faciles à Jérusalem, mais les circonstances présentent peu d’importance lorsque la croix agit vraiment. Ces hommes s’étaient réjouis les uns avec les autres, ils se donnèrent « la main d’association », et admirent, malgré la diversité de leurs dons et vocations, que Christ était véritablement glorifié. A présent, les mêmes noms sont mentionnés à Antioche, mais l’atmosphère y est ô combien méconnaissable. Tout était réuni pour une communion harmonieuse. Extérieurement il n’y avait rien d’apparent qui puisse déstabiliser leur unité en Christ. Néanmoins, aussi favorables et propices que les circonstances semblaient avoir été, des controverses et divisions amères apparurent dès lors que quelques uns s’éloignèrent du fondement de la croix. Les différences entre ceux qui étaient à Jérusalem n’importaient pas car ils étaient tous des hommes crucifiés, en revanche les différences à Antioche prenaient toute leur importance à cause des esprits divergents ; il y avait une division quant à la communion.

Les choses étaient ainsi. Quelle était la solution ? Suivons Paul de près. Il était de son devoir d’intervenir et de reprendre, il s’acquitta fidèlement de cette tâche. Malgré cela, le véritable secret de la victoire du Seigneur ne résidaient pas les arguments de l’apôtre, mais plutôt dans le fait qu’il se positionnait parmi eux comme celui qui pouvait dire : « J’ai été crucifié avec Christ ». La plupart d’entre nous sommes prêts à blâmer les autres, et à les reprendre. Méditons un instant : au milieu d’une quelconque confusion ou division dans laquelle nous nous trouvons, pouvons-nous dire : « Suis-je vraiment un chrétien crucifié ? » C’est ce qui importe le plus. Si nous ignorons qui d’autre était solidaire de l’apôtre, nous ne pouvons pas manquer de constater l’immense valeur d’avoir quelqu’un se tenant sur la base de la croix. Nous avons toutes les raisons de croire que Pierre et Barnabas, ainsi que la plupart de ceux qui étaient impliqués, furent ramenés sur cette base ; de cette façon l’unité et la communion furent restaurées. La réponse de Dieu pour une assemblée divisée est la réponse de la croix.

La Réponse de Dieu aux Limitations

Paul s’alarma de la situation qui prévalait à Antioche pour la raison suivante : il pouvait voir combien l’œuvre de l’Esprit Saint, qui y avait trouvé un terrain de prédilection, pouvait être entravée et neutralisée. Les commencements de cette assemblée avaient été caractérisés par une utilité spirituelle très large et par un ministère florissant et de grande valeur. Paul savait que le Judaïsme pouvait réduire cette pleine expression de Christ à quelque chose de statique et d’autosuffisant, imposant de sérieuses délimitations à l’Esprit et restreignant l’œuvre du Seigneur à une dimension partisane. Lorsque nous nous engageons sur le terrain des choses naturelles, nous faisons obstacle à l’expansion spirituelle rendue possible par la croix.

Fréquemment les choses ne nous semblent pas être ainsi, en fait le plus souvent les choses nous apparaissent être le contraire. Une des raisons pour laquelle nous rechignons au message de la croix est que nous pensons qu’il diminuera nos opportunités et qu’il limitera l’ampleur de notre service. D’être réduit à rien par la croix nous semble un étrange moyen d’élargissement ; au contraire notre disposition naturelle nous fait croire que nous serons diminués. Que dit Dieu à ce sujet ? Il nous pointe vers son Fils bien-aimé qui a trouvé la plénitude universelle en étant crucifié. Il nous remémore l’attitude de l’apôtre Paul tandis que les opposants à la croix de son temps nous sont maintenant inconnus et sans importance. Nous voyons que Paul a accompli infiniment plus pour Christ que tous ceux-ci. Au surplus, il était tout disposé à nous en donner l’explication : « J’ai été crucifié avec Christ ». Non, la croix ne signifie en rien la limitation, bien au contraire, elle en est l’issue.

La Réponse de Dieu à Satan

L’explication à cette profonde suspicion et animosité envers le message de la croix, n’est autre que Satan lui-même. Combien l’ennemi du peuple de Dieu est rusé. Il savait que l’assemblée qui était à Antioche avait pris position pour quelque chose d’une réelle valeur spirituelle – qu’elle comptait aux yeux du Seigneur. Elle était devenue le centre d’un ministère vivant par la puissance de l’Esprit. Elle était une véritable menace pour le royaume des ténèbres. Satan ne pouvait pas la détruire, il n’essaya même pas. Tout ce qu’il avait besoin de faire était d’éloigner les saints qui s’y trouvaient du fondement de la croix, qu’ils vivent comme des chrétiens non crucifiés ; ainsi il limiterait et neutraliserait de leur puissance spirituelle. Ce fut largement grâce à l’attitude fidèle de Paul que Satan fut mis en échec à Antioche. Mais, il est une pensée solennelle que des apôtres comme Pierre ou Barnabas aient été aveugles à ce qui ce tramait derrière les apparences. Aujourd’hui, comme alors, le plus grand danger menaçant la puissance vitale de toute assemblée n’est pas les persécutions, la pauvreté, le péché, ni même les fausses doctrines, aussi terribles que ces choses puissent être, mais c’est la chair non crucifiée. Et souvenons-nous que même ceux qui connaissent depuis longtemps la signification d’être crucifié avec Christ, peuvent très facilement s’éloigner de ce fondement ; puis raisonner et agir comme des hommes charnels. S’il en est ainsi, une victoire de Satan est assurée.

A contrario, si cette base de la croix peut être vraiment établie et maintenue, alors Satan sera vaincu. Là où il y a une défaite spirituelle c’est le « Moi » qui en est la cause, que ce soit un « Moi » individuel ou corporatif. Nous ne sommes nullement à la hauteur du grand Adversaire. En conséquence ne lui offrons jamais d’opportunité. Je suis persuadé que Pierre aurait été stupéfait s’il lui avait été suggéré, qu’une fois encore, il laissait l’avantage à Satan. Le fait est que notre ennemi est trop rusé pour nous – trop rusé et bien trop fort. Mais si nous pouvons effectivement dire « ce n’est plus moi », alors il ne peut pas avoir la prévalence. Il a été vaincu par Christ, il a été totalement terrassé par la croix. Il est de peu d’utilité de lui rappeler ces faits par de simples paroles, ce n’est pas ici la réponse. Non, la réponse de Dieu à Satan est un peuple dans et parmi lequel la croix œuvre présentement. Galates 2 :20 est bien plus que le secret d’une sainteté personnelle, bien qu’il soit aussi cela ; il est le moyen par lequel Dieu répond et vainc tout le royaume de Satan.

 

[ M E N U ] [ S U J E T ]

logo