Le Trésor dans des Vases de Terre

N. T. S.

« Car nous ne voulons pas, frères, que vous ignoriez, quant à notre affliction qui nous est arrivée en Asie, que nous avons été excessivement chargés, au delà de notre force, de sorte que nous avons désespéré même de vivre. Mais nous-mêmes nous avions en nous-mêmes la sentence de mort, afin que nous n’eussions pas confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts. » 2 Corinthiens 1 :8-9

« Mais nous avons ce trésor dans des vases de terre, afin que l’excellence de la puissance soit de Dieu et non pas de nous, étant dans la tribulation de toute manière, mais non pas réduits à l’étroit; dans la perplexité mais non pas sans ressource; persécutés, mais non pas abandonnés; abattus, mais ne périssant pas; portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans nos corps. » 2 Corinthiens 4 :7-10

« Dans la gloire et dans l’ignominie, dans la mauvaise et dans la bonne renommée; comme séducteurs, et véritables; comme inconnus, et bien connus; comme mourants, et voici, nous vivons; comme châtiés, et non mis à mort; comme attristés, mais toujours joyeux; comme pauvres, mais enrichissant plusieurs; comme n’ayant rien, et possédant toutes choses. » 2 Corinthiens 6 :8-10

« Et afin que je ne m’enorgueillisse pas à cause de l’extraordinaire des révélations, il m’a été donné une écharde pour la chair, un ange de Satan pour me souffleter, afin que je ne m’enorgueillisse pas. A ce sujet j’ai supplié trois fois le Seigneur, afin qu’elle se retirât de moi; et il m’a dit, Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité. Je me glorifierai donc très-volontiers plutôt dans mes infirmités, afin que la puissance du Christ demeure sur moi. C’est pourquoi je prends plaisir dans les infirmités, dans les outrages, dans les nécessités, dans les persécutions, dans les détresses pour Christ, car quand je suis faible, alors je suis fort. » 2 Corinthiens 12 :7-10

La Personne de Paul dans 2 Corinthiens

En lisant 2 Corinthiens attentivement, nous avons l’impression de rencontrer deux personnes: Paul en lui-même et Paul en Christ. Tout ce dont Paul parle, du premier chapitre à la conclusion de cette Épître, suit une même ligne. Tout au long de cette Épître, nous trouvons un principe gouvernant, que nous pouvons résumer par ces paroles de Paul: « Nous avons ce trésor dans des vases de terre. » Dans le premier chapitre déjà, nous voyons « ce trésor » dans un vase de terre; et jusqu’au dernier chapitre, nous continuons de rencontrer le vase de terre; parallèlement cependant, nous rencontrons également le trésor. 2 Corinthiens est le livre le plus personnel du Nouveau Testament. D’autres Épîtres nous présentent la révélation de Dieu; toutefois 2 Corinthiens est unique en ce sens qu’il nous montre par quel genre d’homme Dieu transmet sa révélation. Si nous n’avions pas cette Épître, peut-être connaîtrions-nous quand même l’œuvre accomplie par Paul, mais nous ne saurions pas quel était le genre d’homme qui accomplit cette oeuvre. Paul était un vase de terre.

Le Chrétien Idéal

Aussitôt après ma conversion, j’avais ma propre conception de ce qu’est un chrétien, et je faisais tout mon possible pour devenir un tel chrétien. Je pensais que j’atteindrais la perfection si au moins j’arrivais à atteindre le standard que je m’étais fixé. Mon ambition, c’était d’être parfait, mais j’avais ma propre idée quant au standard de la perfection. Selon moi, un chrétien parfait devait sourire du matin au soir et que s’il versait une fois une larme, il cessait d’être victorieux. Je pensais aussi qu’un chrétien parfait devait être une personne très courageuse; et si, dans une certaine circonstance, il montrait le moindre signe de crainte, je disais alors qu’il manquait de foi, qu’il n’arrivait pas à avoir confiance dans le Seigneur, qu’il n’était pas parfait.

Paul Était un Homme

J’ai gardé ces idées clairement définies de ce qu’un chrétien devait être jusqu’au jour où, en lisant 2 Corinthiens, j’arrivai au passage dans lequel Paul dit qu’il était triste. Mon attention fut arrêtée: « Paul, triste ? » pensai-je. Je lus ensuite qu’il versa beaucoup de larmes et me dis: « Est-ce vraiment possible que Paul ait pleuré ? » Je lus qu’il était pressé, qu’il était dans la détresse, et je me dis: « Paul était-il réellement pressé ? Paul était-il réellement dans la détresse ? » Je lus aussi ce passage: « Car nous ne voulons pas, frères, que vous ignoriez, quant à notre affliction qui nous est arrivée en Asie, que nous avons été excessivement chargés, au delà de notre force, de sorte que nous avons désespéré même de vivre.» 2 Corinthiens 1 :8 « Est-ce possible que Paul ait été désespéré ? » Il ne m’était jamais venu à l’idée qu’une personne comme Paul puisse endurer de telles expériences. Mais, en continuant à lire, je me rendis peu à peu compte que les chrétiens ne sont pas un nouvel ordre d’êtres angéliques, et que Paul n’était pas si différent de nous. Je découvris en fait que Paul était un homme et qu’il était le genre d’homme même que je connais.

Nous voyons donc ici un homme qui est anxieux, cependant il est fort; il est entouré d’ennemis, toutefois il n’est pas lié; il paraît être vaincu, et pourtant il n’est pas détruit. Nous pouvons voir qu’il est faible; il déclare cependant que quand il est faible, c’est alors qu’il est fort. Nous constatons également qu’il porte dans son corps le mourir de Jésus; toutefois, il dit que la vie de Jésus est aussi manifestée dans son corps. Il est parlé de sa « mauvaise réputation », mais aussi de sa « bonne réputation ». Il passe pour un « imposteur », mais il est « véridique ». Il semble être « inconnu », toutefois il est « bien connu », il est comme « mourant », et cependant il « vit ». Il est comme « attristé », et pourtant il est « toujours joyeux »; comme « pauvre », et « il en enrichit plusieurs »; comme « n’ayant rien », et « il possède toutes choses ».. Voici ce qu’est un chrétien!

Un Paradoxe Spirituel

Réalisez-vous ce que signifie être chrétien? Être un chrétien, c’est être une personne en qui on trouve une contradiction fondamentale. Un chrétien est quelqu’un en qui on trouve un paradoxe inhérent et ce paradoxe est de Dieu. Certaines personnes conçoivent la vie chrétienne comme n’étant qu’un trésor, sans vase de terre. Et, si elles rencontrent le vase de terre, elles ont l’impression que tout est faux. Mais Dieu a une conception tout à fait différente de celle de l’homme. Voici la pensée de Dieu: « Nous avons ce trésor dans des vases de terre. » Ainsi, même si le vase de terre est mis en évidence, il ne s’agit pas d’un cas désespéré. Le dessein de Dieu n’annule pas le vase de terre; il y met le trésor. Le trésor se trouve toujours dans le vase de terre.

Il n’y a pas une âme dont le vase de terre serait tellement de terre qu’il ne laisserait pas paraître le trésor qui s’y trouve. La beauté du trésor est mise en valeur par le vase de terre dans lequel il est placé. Paul était un homme, un homme réel, mais la vie du Seigneur rayonnait dans sa vie. Il n’était pas un automate, il avait des sentiments. Et il n’était ni invariablement triste, ni invariablement heureux, mais alors même qu’il était triste, il était aussi heureux. C’est un trait caractéristique de la vie chrétienne que le visage puisse se détendre en un sourire alors même que des larmes coulent.

Nous continuons à espérer ne voir aucune trace du vase de terre lorsque nous rencontrons des chrétiens, toutefois, quand nous rencontrons certains des enfants du Seigneur les plus véritables, nous reconnaissons immédiatement leur personnalité propre. Nous voyons quel genre de personnes ils sont en eux-mêmes et également quel genre de personnes ils sont dans le Seigneur. J’ai connu une sœur très vive de caractère. Elle était rapide dans tous les domaines: prompte à parler, prompte à réprimander, prompte à écrire des lettres et prompte à détruire les lettres qu’elle avait écrites. En la voyant, vous saviez aussitôt quel genre de personne elle était; en même temps cependant, vous pouviez voir le Seigneur en elle. Vous pouviez la voir souffrir dans l’épreuve, mais en même temps, vous pouviez voir sa richesse spirituelle. Vous voyiez le trésor dans un vase de terre.

Beaucoup de gens me disent qu’ils ont prié pour une certaine chose; ils affirment avoir foi en Dieu et être absolument certains qu’il a entendu leur prière et leur a accordé ce qu’ils ont demandé. Mais rien ne se passe. Pourquoi? Parce que leur foi est trop merveilleuse. Le trésor ne se trouve pas dans un vase de terre.

J’ai rencontré beaucoup de gens qui me racontaient leurs peurs et leurs doutes alors même qu’ils recherchaient à faire confiance au Seigneur. Ils faisaient connaître leurs requêtes, et comptaient sur les promesses de Dieu ; néanmoins des doutes survenaient constamment. Laissez moi vous dire que la vraie foi ne peut être détruite par le doute. Le trésor de la véritable foi apparaît dans un vase de terre qui doute, et ce vase de terre n’annule pas le trésor. Dans un tel environnement le trésor rayonne avec une beauté mise en valeur. Ne me méprenez pas, je n’encourage pas le doute ; mais j’aimerai qu’il soit clair que la foi chrétienne n’est pas uniquement une question de trésor, et pas de vases de terre non plus ; mais d’un trésor dans des vases de terre.

J’apprécie beaucoup me rappeler la prière de l’église primitive pour la libération de Pierre des mains d’hommes méchants. Lorsque que Pierre arriva et frappa à la porte, les croyants crurent qu’il s’agissait de son ange. Est-ce que vous saisissez ? Il y avait là de la foi, de la vraie foi, le genre de foi qui suscite une réponse de Dieu, mais la faiblesse de l’homme était toujours présente, et cette faiblesse était clairement manifeste. Aujourd’hui, la foi exercée par beaucoup de croyants est plus grande que celle exercée par ceux qui étaient rassemblés dans la maison de Marie, la mère de Jean-Marc. Et ceux-ci étaient très positifs à ce sujet, ils étaient surs que Dieu enverrait un ange, et que toutes les portes de la prison s’ouvriraient d’un coup. Si une rafale de vent souffle, c’est Pierre qui frappe à la porte ! S’il commence à pleuvoir, c’est encore Pierre frappant à la porte ! Ces gens sont trop crédules, leur foi n’est pas la vraie foi. Dans la chrétienté le vase de terre est toujours mis en évidence, bien que la question ne soit jamais le vase de terre mais le trésor qui s’y trouve. Dans la vie d’un chrétien normal, alors même que la foi s’élève pour se saisir de Dieu, la question peut s’élever simultanément que peut être il commet une erreur. Lorsqu’il est au plus fort dans le Seigneur, il est le plus souvent conscient de son inhabilité ; lorsqu’il est le plus courageux, il est conscient d’une certaine peur en lui-même ; lorsqu’il est des plus joyeux, un sentiment de détresse s’élève en lui. Ce paradoxe prouve qu’il y a bien un trésor dans un vase de terre.

La Puissance de Dieu se Manifeste dans la Faiblesse de l’Homme

Paul nous dit qu’il avait une écharde dans la chair. Je ne sais pas ce qu’était cette écharde, mais je sais cependant que c’était un facteur d’affaiblissement et que Paul pria trois fois pour qu’elle lui soit enlevée. Mais Dieu lui répondit: « Ma grâce te suffit car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité. » Comment la puissance du Seigneur peut-elle s’exprimer pleinement dans un homme faible? La vie chrétienne n’est pas une vie où la faiblesse est abolie, ni simplement une vie où la puissance divine est manifestée; c’est une vie où la puissance divine est manifestée dans la faiblesse humaine. La vie chrétienne ne produit pas un ordre merveilleux et nouveau d’êtres angéliques, mais des êtres humains dans la faiblesse desquels la puissance divine est révélée. Laissez-moi illustrer cela.

Il y a plusieurs années, j’étais sérieusement malade. Durant deux mois, on me radiographia à trois reprises et, chaque fois, le diagnostic était très sérieux. Je priai et je crus. J’avais espéré que Dieu guérirait ma maladie, mais, bien que j’aie à plusieurs reprises expérimenté que mes forces se renouvelaient considérablement, la racine du mal demeurait, et ainsi une rechute était toujours possible. J’étais ennuyé. Quelle était l’utilité d’un renouvellement momentané de mes forces? Un jour, alors que je lisais la Bible, j’arrivai au chapitre douze de 2 Corinthiens où Paul prie trois fois pour que Dieu lui ôte son « écharde ». Dieu ne la lui a pas ôtée, mais lui a dit: « Ma grâce te suffit. » A cause de cette écharde, il reçut plus de grâce. Parce que cette faiblesse persistait, la grâce augmentait. Et je vis que c’était cela la vie chrétienne! Je priai pour voir plus clairement encore, et il me vint l’image d’un bateau qui ne pouvait passer parce qu’un rocher dépassait du lit de la rivière; il avait un mètre cinquante de haut. En fait, j’avais prié ainsi: « Seigneur, si tu le désires, enlève ce rocher. » Je me demandai alors intérieurement: « Serait-ce mieux d’ôter ce rocher d’un mètre cinquante ou de laisser le Seigneur élever le niveau de l’eau d’un mètre cinquante? » Et je répondis: « Le mieux serait que le niveau de l’eau monte. » Depuis ce jour, beaucoup de mes difficultés disparurent. Je n’oserais pas dire que je n’ai plus jamais été tenté, mais, Dieu soit loué, j’ai découvert qu’il est en mesure de se charger des difficultés sans forcément les enlever. La vie chrétienne n’est pas une vie où les rochers sont ôtés, mais où le niveau de l’eau monte. Avez-vous des difficultés? Oui. Avez-vous des faiblesses? Oui, nous en avons tous. Mais souvenez-vous que ce que le Seigneur recherche, ce n’est pas, du point de vue négatif, que nos faiblesses disparaissent, ni même, du point de vue positif, que nous recevions une quantité illimitée de force. Toute la force qu’il donne est manifestée dans la faiblesse. Tout le trésor que nous avons est dans des vases de terre.

La Faiblesse de l’Homme ne Limite pas la Puissance de Dieu

Combien nous sommes reconnaissants à Dieu de ce qu’aucune faiblesse humaine ne puisse limiter la puissance divine. Nous sommes enclins à penser que là où la tristesse existe, la joie ne peut exister; que là où il y a des pleurs, il ne peut y avoir de louanges; que là où la faiblesse est présente, la puissance doit être absente; que là où il y a le doute, la foi ne peut être présente. Mais laissez-moi proclamer d’une voix claire que Dieu veut nous amener à reconnaître que tout ce qui provient de l’homme n’est là que pour servir de vase de terre devant contenir le trésor divin. Dorénavant, lorsque nous serons conscients d’une certaine dépression, ne lui laissons pas libre cours, mais ouvrons-nous au Seigneur; alors, parce que le vase est de terre, le trésor rayonnera d’autant plus glorieusement. Je ne parle pas de théorie; je sais ce dont je parle. C’est ici que se trouve la gloire de la vie chrétienne: le trésor de Dieu peut se manifester dans n’importe quel vase de terre. La vie chrétienne est un paradoxe, et c’est lorsque nous, chrétiens, vivons cette vie paradoxale, que nous apprenons à connaître Dieu. Plus nous avançons dans la vie chrétienne, plus elle devient paradoxale. Le trésor se manifeste de plus en plus, mais le vase de terre, lui, reste toujours le vase de terre. Ceci est très beau. Observez simplement la patience divine d’un homme qui, de nature, est impatient, et comparez ce cas avec celui d’un homme que rien n’affecte. Regardez l’humilité divine d’une personne qui, de nature, est hautaine, et comparez cette personne à quelqu’un qui aime à s’effacer. Observez la puissance de Dieu dans une personne faible de caractère et comparez cette personne avec quelqu’un qui, de nature, est fort de caractère. La différence est énorme.

Les personnes naturellement faibles ont toujours tendance à penser qu’elles ne servent à rien, à cause de la qualité terreuse de leur vase; mais il n’y a pas de quoi être découragé, puisque le trésor qui se trouve dans le vase est d’une si grande qualité qu’il peut même rayonner avec plus de splendeur dans un tel vase. Frères et sœurs, laissez-moi vous répéter encore que tout dépend de la qualité du trésor, et non de la qualité du vase qui le contient. C’est une folie que de mettre l’accent sur l’aspect négatif; nous nous intéressons à l’aspect positif. Le Seigneur peut se manifester lui-même dans la vie de chacun d’entre nous, et lorsque cela se produira, nombreux seront ceux qui contempleront le trésor.

 

[ M E N U ] [ S U J E T ]

logo