L’Homme dont Dieu se Sert

Marc 1:17

« Jésus leur dit, Venez après moi, et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »

Il n’y a, sur la terre, aucun homme ne vivant une vie plus inhabituelle que l’homme utilisé par Dieu pour Sa gloire et Sa louange. S’il est appelé à être le messager de Dieu, le berger de Christ, le vase de l’Esprit, alors il devra, par nécessité, être un instrument préparé par la main de Dieu pour toutes les choses auxquelles il aura à faire face. Le message qu’il porte est un message vivant, car c’est la vie de Christ Lui-même. Et puisque c’est un message vivant qu’il proclame par le puissance de l’Esprit, alors il devra être, par nécessité, l’incarnation de ce message, et le vivre dans sa propre expérience. Aujourd’hui, il peut des hauteurs de la gloire de Mont Sion, proclamer qu’il a vu le Roi de Dieu sur la montagne sainte de Sion ; et il peut, demain, se retrouver dans les profondeurs du désespoir afin qu’il apprenne et qu’il révèle à d’autres le muguet le plus doux qui soit trouvé dans la vallée de la défaite : Jésus !

L’homme que Dieu, dans Sa grâce, estime être utilisable pour le service des autres et pour Sa propre gloire, devra être capable de se tenir seul dans la présence de Dieu. Seul un homme qui sera resté trois ans et demi dans le désert, aura la constitution suffisante pour pouvoir faire face à un Achab et à une Jézabel. L’homme que Dieu utilisera pour faire venir le feu des cieux, devra avoir été soumis aux feux de la discipline de la sainteté. Si un homme espère avoir une révélation de Jésus Christ, il devra accepter la solitude de l’île de Patmos. La révélation de la grâce de Dieu est presque toujours assurément apprise dans la solitude de l’Arabie, là où même les frères retiennent « la main d’association » durant quatorze ans. L’homme qui désirera connaître Dieu à travers le buisson ardent, devra souffrir le rejet et du monde et des siens et devra se retirer dans le fin-fond du désert de Madian afin d’être seul avec Dieu. Il sera appelé à tout quitter pour suivre Jésus. Ceci demandera souvent qu’il devra se retirer davantage encore hors du camp, afin d’exhorter les saints à une marche plus rapprochée avec le Seigneur. Il devra apprendre à adorer, courbé sur son bâton, traitant avec suspicion tous ceux qui seraient prêts à lui offrir une aide ou un affermissement ; de peur que ceci ne se trouve être un « roseau cassé » et lui perce la main déjà percée à maintes fois.

Cet homme portera dans son cœur, s’il est bien l’instrument de Dieu, un fardeau que personne ne pourra partager sauf ceux qui ont déjà eu une telle expérience. Le grand poids des responsabilités spirituelles lui font dire « Qui est suffisant pour ces choses ? » Souvent, il sera incité à quitter le combat, et à s’enfuir vers une occupation plus légère et reposante, mais il est toujours tenu par l’inéluctable : « Malheur à moi si je n’évangélise pas. » Il gémit dans sa demeure d’ici-bas, étant en souci, et serait prêt à tout quitter si ce n’était pas pour être constamment rappelé qu’un jour viendra, après le pèlerinage pénible de la vie, où il devra faire face à Son Seigneur qui lui demandera « M’aimes-tu ? »

Si seulement nous connaissions la chaleur des fournaises dans lesquelles certains hommes vivent et oeuvrent, nous redécouvririons que la grâce a toujours ses martyres consumés chaque jour, comme des sacrifices vivants mais invisibles aux hommes. Si seulement nous réalisions le conflit intérieur avec lequel certains hommes prêchent et oeuvrent, nous serions ébahis par la grâce qui les soutient, et non pas par le désespoir sporadique qui les accable. Alors, nous glorifierions Dieu pour Ses maintes victoires dans un tel homme au lieu de magnifier ses quelques défaites. Les saints s’assoient aux pieds de l’homme de Dieu alors qu’il dispense les mystères divins, et alors qu’ils se désaltèrent à la source d’eaux vives, sans réaliser que de telles eaux sont puisées dans le roc de son âme.

Où qu’il y ait une oeuvre à accomplir, là il y aura un satan pour l’accuser faussement, et pour demander à Dieu de lui infliger des épreuves peu ordinaires dans sa vie. Toutes les choses, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, sont scrutées par le diable afin qu’il tende sournoisement un piège ou une attaque. Et bien souvent, comme les disciples du Seigneur, au lieu de veiller et de prier, il dort et est vaincu et est emporté au loin en captivité. Ces attaques s’accumulent sur le serviteur de Dieu. Alors même qu’il pense que Dieu a béni son ministère, et qu’il se retrouve à prêcher à des multitudes, ces dernières se détournent soudainement, révélant en fait qu’elles ne voulaient pas de ces paroles de vie. Alors, comme le fit le Seigneur, il se tourne vers ses « douze » pour s’apercevoir que l’un d’eux est un traite ; parfois c’est plus qu’il ne peut supporter.

Il résiste aux flèches tirées contre lui par un infidèle, pour tomber mortellement blessé par un dard provenant de la bouche d’un frère. Il est constamment accusé d’une chose et d’une autre, et les constantes critiques et les reproches incessants tombent sur son cœur solide comme un roc sans aucun succès, jusqu’au jour où, sans avertissement il se fait écraser.

Souvent Dieu permet que la défaite suive la victoire. David « a frappé ses dix mille », mais la Parole de Dieu déclare qu’il « était fatigué ». Jacob lutta toute la nuit, mais il s’appuya sur son bâton le lendemain. Élie pria le feu des cieux, mit Satan en fuite et le ruisseau était rouge du sang des faux prophètes. Mais voyez-le le lendemain, il ne se vante pas de ses œuvres, voyez-le face à terre, écoutez-le crier pour être délivré. C’est là l’équilibre de Dieu, c’est la façon utilisée par Dieu afin d’amener Ses serviteurs humblement devant Lui ; les humiliant sous Sa main afin de les relever le moment approprié. Il semble y avoir une saison pour la victoire, mais aussi une saison pour l’apparente défaite. Je dis « apparente », car il semble en être ainsi à l’œil non exercé de la chair. La chair ne peut pas voir que le serviteur de Dieu est dans l’école de la discipline, et qu’il est dans une fournaise pour le perfectionnement ; sur un tour afin d’être formé en un nouveau récipient. Seule la foi peut appréhender ces choses.

L’homme que dieu utilise, doit avoir parfois une écharde afin de lui éviter de s’enorgueillir outre-mesure. Vous, qu’il sert, auriez tendance à l’exalter au dessus de ce qui est requis, si Dieu ne permettait pas que vous voyiez qu’il est un homme « ayant les mêmes passions ». Vous êtes poussé à la prière à cause de ses faiblesses, lui que vous supposiez être fort. Vous êtes conscient du besoin de veiller dans les prières pour votre santé spirituelle, et vous craignez que si le conducteur tombe, alors les brebis aussi perdront leur constance. Mais ces expériences sont nécessaires afin que nous portions les fardeaux des uns des autres.

Ceux qui annoncent les oracles de Dieu, doivent être amenés au terme de leurs propres capacités. Ceux qui désirent être des vases de gloire, doivent souvent être défaits et remodeler sur le tour du divin Potier. Si un homme aspire à être conduit par l’Esprit, il doit être, par nécessité, être tenté par le diable comme l’avait été notre Seigneur. Celui qui aimerait être ravi au troisième ciel des révélations de Dieu, doit être amené, par nécessité, aux limites de ses propres ressources par une écharde dans la chair. Celui qui vise à surveiller le troupeau de Christ, doit partager l’amour du grand Berger qui dit : « Je laisse ma vie pour les brebis ». Et bien qu’il y ait de la souffrance, elle ne peut être comparée à la gloire qui doit être révélée en nous. Même si un tel homme partage, pour un temps, la « communion de ses souffrances », des temps d’abattements, et beaucoup de tentations, ces choses seront suivies par une « joie ineffable et glorieuse ». Un tel homme est « plus que vainqueur » par Celui qui l’a aimé. Les douces paroles de la promesse de Jésus transforme ses chagrins en un fleuve de joie : « Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés. » « Ainsi la mort opère en nous, mais la vie en vous. »

 

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