La Réalité de la Maison de Dieu

Par H. F.

Lecture: Genèse 27 :1-46; 28 :1-22


«Et il eut peur, et dit, Que ce lieu-ci est terrible! Ce n’est autre chose que la maison de Dieu, et c’est ici la porte des cieux! », Genèse 28 :17

Ce moment où Jacob eut un aperçu de la vie de famille, telle que Dieu la désirait, fut peut-être le plus critique de toute sa vie. Ce n'était pas dans le ciel, mais ici-bas sur la terre : et cependant, c'était quelque chose de si divin et de si glorieux qu'il en fut saisi d'étonnement et de crainte. « Ce n’est autre chose que la Maison de Dieu », s'écria-t-il; « C'est ici la porte des cieux ! ».

La Maison du « Moi »

Combien différente est cette Maison de celle qu'il vient de laisser à Beër-Shéba! De toutes les maisons qui existaient sur la terre en ce temps-là, celle d'Isaac aurait certainement dû être la maison de Dieu. Elle aurait dû l'être, mais elle ne l'était pas. Jacob lui-même doit avoir été frappé par le contraste. Celle qu'il venait de quitter aurait dû être la maison de Dieu, mais elle n'était que la maison du « moi » . Aucun visiteur n'aurait pu s'y écrier avec étonnement: « Certainement, l'Éternel est dans ce lieu... » Il n'y avait que très peu d'évidence de la présence du Seigneur dans la maison d'Isaac.

1. La Part d’Isaac

Considérons les différents membres de la famille. Nous passerons rapidement sur Ésaü, car il était un homme de la chair, duquel l'on ne pourrait attendre aucune valeur spirituelle. Mais pouvons-nous dire d'Isaac quelque chose de bien meilleur? Un coup d'œil superficiel pourrait nous faire percevoir qu'il méritait la pitié, puisque, pauvre aveugle, il avait été trompé, mais une considération plus attentive nous montre que, réellement, ce fut lui qui provoqua toute cette triste histoire de mensonge et de tromperie.

« Et il arriva, lorsque Isaac fut vieux et que ses yeux furent affaiblis de manière à ne plus voir, qu’il appela Ésaü, son fils aîné, et lui dit, Mon fils! Et il lui dit, Me voici. Et il dit, Tu vois que je suis vieux; je ne sais pas le jour de ma mort. Et maintenant, je te prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc, et sors dans les champs, et prends-moi du gibier; et apprête-moi un mets savoureux comme j’aime, et apporte-le moi, et j’en mangerai, afin que mon âme te bénisse avant que je meure. », Genèse 27 :1-4. Rien n'indique que le Seigneur ait ordonné cette bénédiction. Isaac s'imaginait qu'il allait mourir, et il était évidemment anxieux et voulait être certain qu'Ésaü serait son héritier. En fait, il avait encore de nombreuses années à vivre. Il n'est pas facile de calculer la chronologie exacte de ces événements, mais une chose est parfaitement claire, c'est qu'Isaac vécut encore plus de vingt ans après cela. Il nous est dit qu'il vécut jusqu'à l'âge de cent quatre-vingts ans, et que Jacob était revenu d'exil et avait ses douze fils, avant que lui et Ésaü n'ensevelissent leur père. « Et Isaac expira et mourut, et fut recueilli vers ses peuples, âgé et rassasié de jours; et Ésaü et Jacob, ses fils, l’enterrèrent. », Genèse 35 :29.

Isaac était-il réellement inquiet au sujet de sa mort? Il n'aurait évidemment pas eu besoin de l'être. Ne cherchait-il pas plutôt une excuse pour hâter l'accomplissement de son plan personnel? La hâte est presque toujours une marque de l'esprit charnel. La première leçon qu'apprend l'homme spirituel, c'est de s'appuyer sur son Seigneur et de s'attendre à Lui. Lorsque nous faisons nos propres plans, cependant, et que nous insistons sur nos propres idées, nous agissons si souvent dans la hâte et la précipitation.

L'on a de plus l'impression qu'Isaac essaya d'arranger toute cette affaire secrètement. Il ne réunit pas sa famille, mais parla à Ésaü de manière privée, et ce fut apparemment par hasard que Rébecca surprit leur conversation. « Et Rébecca parla à Jacob, son fils, disant, Voici, j’ai entendu ton père qui parlait à Ésaü, ton frère. », Genèse 27 :6. Elle n'aurait pas dû faire cela, car elle aurait pu rappeler à Isaac qu'il agissait contrairement à la volonté de Dieu, qui leur avait été révélée. Nous pourrions demander: Pourquoi cette hâte, et pourquoi ces secrets? La vérité, c'est qu'Isaac n'aimait pas Jacob. Nous pourrions à peine l'en blâmer, car personne n'a jamais beaucouP aimé Jacob, si ce n'est sa mère. « Isaac aimait Ésaü, car le gibier était sa viande; mais Rébecca aimait Jacob. », Genèse 25 :28. Mais nous remarquons ici qu'il n'y avait rien de très noble dans la préférence d'Isaac; elle était due à l'amour qu'il avait pour ce qu'Ésaü faisait pour lui, plutôt qu'à ce qu'il était. Il n'est pas rare non plus que des pères et des mères aient des préférences personnelles pour leurs enfants, mais ici, la question était sérieuse, car elle signifiait qu'Isaac permettait à ses préférences naturelles d'obscurcir son jugement spirituel.

Dans les premières années de leur vie, Isaac et Rébecca avaient eu une histoire de relation avec l'Éternel. Malgré la position d'Isaac, qui était l'héritier d'Abraham, et malgré les marques spéciales de l'intervention de Dieu lors de son mariage avec Rébecca, le couple avait été uni pendant vingt ans sans avoir d'enfants. Ce fut seulement après leur prière insistante qu'une famille leur fut accordée, et elle se limita aux deux fils jumeaux engagés maintenant dans cette affaire. Au moment de leur naissance, Rébecca avait connu des souffrances particulières qui, de nouveau, l'avaient poussée à consulter l'Éternel; elle avait alors reçu l'indication définitive que Jacob aurait la priorité sur Ésaü. Ce choix divin est partout souligné dans les Écritures; il est inconcevable qu'Isaac n'en ait pas été très conscient. Nous avons donc ici la contradiction fondamentale qui existait dans la maison d'Isaac. Il permettait aux préférences naturelles de le gouverner, au lieu de se soumettre à la volonté de Dieu, qui lui avait été révélée. Or Isaac était le chef de la maison.

2. La Part de Rébecca

Faut-il donc s'étonner de ce que Rébecca se soit abaissée jusqu'au mensonge et à la tromperie! Elle aussi, sans doute, était gouvernée par ses propres préférences, mais bien que ses désirs naturels aient été en accord avec la volonté de Dieu, cela ne change rien au fait que ses motifs aient été égoïstes et impurs. Elle avait raison de vouloir que Jacob eut la bénédiction, et elle fut cependant si coupable par les moyens auxquels elle eut recours pour réussir. Elle répondit à la chair par la chair, ce qui est une faute fatale. Elle avait découvert que le vieil Isaac complotait pour avoir sa propre voie, et elle résolut elle-même de tirer par ruse le meilleur parti de la situation. Combien elle aurait mieux agi si elle était allée hardiment vers Isaac pour lui rappeler la parole de l'Éternel, et qu'elle en ait laissé le soin et la responsabilité à Dieu Lui-même ! Ou bien, n'eût-il pas été mieux encore de sa part d'invoquer l'Éternel dans la prière, comme elle l'avait fait à la naissance de ses fils ! Elle aurait pu rappeler à Dieu sa fidélité! Elle aurait pu en appeler à Lui. Au lieu de cela, elle est provoquée à répondre à la chair par la chair. Combien souvent cela arrive dans ce qui devrait être la maison de Dieu! Si quelqu'un pense que nous passions sur Rébecca un jugement trop sévère, parce que, dans sa position, elle ne pouvait pas agir autrement, disons ce que nous trouvons de meilleur en sa faveur, et supposons qu'elle ait cherché à aider le Seigneur. Mais cela peut être une chose très dangereuse. L’œuvre du Seigneur est aussi souvent entravée par les tentatives charnelles faite pour L'aider, que par une méfiance délibérée. Prenons garde à ne pas vouloir rendre les choses plus faciles pour le Seigneur! La calamité vient souvent de cette manière.

3. La Part de Jacob

Le dernier membre de la famille que nous ayons à considérer, c'est Jacob lui-même. Ce fut lui qui effectua la véritable tromperie, et qui en reçut tout le blâme; mais il n'était réellement que l’instrument de Rébecca, bien qu'un instrument volontaire. C'était elle qui avait tout projeté pour lui, et c'était l'ambition de sa mère qui avait éveillé celle de Jacob, et l'avait encouragé dans son action mauvaise. Le nom de Rébecca signifie « Flatterie » , et nous rappelle de manière frappante ce qui est à la base de tant d'actions de la chair parmi les enfants de Dieu. La flatterie entretint l'ambition personnelle, et cette ambition conduisit à un plan sans scrupule; d'où jaillit tout ce profond déshonneur dans ce qui aurait dû être la maison de Dieu.

Le grand souci de Jacob, ce fut de n'être pas découvert. La chair a plutôt soin des apparences. Jacob ne s'inquiéta pas beaucoup de son état réel, mais il fut très soucieux à l'égard de ce qu'il pourrait paraître. « Peut-être que mon père me tâtera, et je passerai à ses yeux pour un trompeur. », Genèse 27 :12. Mais peut-être le trait le plus triste de toute cette histoire, est-ce la facilité avec laquelle Jacob associa le nom de l'Éternel à toute sa tromperie. « Comment en as-tu trouvé si tôt, mon fils? Et il dit, Parce que l’Éternel, ton Dieu, me l’a fait rencontrer devant moi.» (verset 20). Remarquons cependant qu'il dit « ton » et non pas « mon » Dieu. Il peut nous sembler incroyable qu'un homme engagé dans une action si grossièrement mauvaise puisse faire intervenir si hardiment le nom du Seigneur, mais c'est la un des traits les plus communs à l'esprit charnel. Il cache ses propres actes sous une pitié prétentieuse.

Leur Souffrance et leur Perte

Oui, tous ensemble, ils formaient une triste famille! Les événements de cette journée auraient été un déshonneur pour toute autre maison, combien plus pour celle d'un Isaac. La merveille, c'est que quelque chose de tout cela ait pu être sauvé pour le Seigneur. Mais ce put l'être ! Plus que cela, les actions même de Rébecca et de Jacob furent gouvernées par la souveraineté divine pour détourner Isaac de sa folie volontaire, et pour assurer l'accomplissement de la volonté de Dieu qui leur avait été déclarée. La grâce de Dieu est si merveilleuse qu'Il n'abandonne pas Ses enfants indignes, et Sa souveraineté est si puissante qu'Il peut se servir de leurs folies même pour accomplir Ses propres desseins. Ce devrait être pour nous une cause profonde de louange et d'espérance.

Remarquons cependant que, tous, ils récoltèrent, de l'œuvre de la chair, une moisson amère. « Alors Isaac fut saisi d’un tremblement très-grand» (verset 33), et il eut l'expérience douloureuse d'entendre son fils favori s’exclamer « d’un cri très-grand et amer» (verset 34). Rébecca eut ce qu'elle avait cherché, mais elle perdit son fils, car Jacob dut s'en aller bien loin, et bien qu'elle ait espéré que la séparation ne durerait que « quelques jours» (verset 44), elle dura en réalité tant d'années, qu'elle ne le revit plus jamais. Et que dirons-nous de Jacob? Il reçut la bénédiction, oui, mais combien il eut à souffrir !

La Maison de Dieu

Ce fut au commencement de ces souffrances que Dieu montra à Jacob une sorte différente de société, une communauté gouvernée, non par la volonté de la chair, mais par la volonté de Dieu. C'était plus qu'un rêve, c'était une vision de la vie merveilleuse que peuvent vivre ceux qui sont passés de la maison du « moi » à la maison de Dieu. « Ce n’est autre chose que la maison de Dieu. » , s'écria Jacob. C'est un lieu où la vie divine est vécue, ici-bas sur la terre. C'est cela en vérité, et le Nouveau Testament nous montre clairement ce qu'est cette maison.

1. Le Gouvernement fait Place à la Coopération

C'est premièrement un lieu où l'homme n'est plus obligé de se courber devant la volonté de Dieu par une contrainte divine, mais où il embrasse joyeusement cette volonté pour coopérer avec elle. Que l'on ne se trompe pas à cet égard, il faut que la volonté de Dieu triomphe, malgré toute la folie et la tromperie de cette maison de Beër-Shéba. Nous ne pouvons pas briser la volonté de Dieu, bien que nous puissions nous briser en cherchant à lui résister. La maison de Dieu, cependant, n'est pas le lieu où Dieu intervient de l'extérieur, pour gouverner malgré les hommes et les contraindre, par les circonstances, la souffrance ou le malheur, à se courber devant Sa volonté. Sa maison est le lieu où les cœurs sont sensibles et ouverts, où ils cherchent à être dociles et obéissants. Il semble qu'Isaac ait fini par arriver à cette place de coopération volontaire. Il nous est dit qu’il bénit ses fils « par la foi », Hébreux 11 :20. Ces mots pourraient difficilement s'appliquer à la scène malheureuse que nous venons de décrire, mais ils semblent bien appropriés aux adieux de son père, au moment où Jacob quitta réellement la maison. Lorsque Isaac l'envoya à Charan, rien de sa part n'indiqua qu'il ait regretté la bénédiction donnée à Jacob, ni qu'il l'eût retirée s'il l'avait pu. Au contraire, il la répéta et la confirma, et ce fut de tout son cœur qu'il donna à Jacob « la bénédiction d' Abraham » (Genèse 28 :4). Il justifia Dieu. Il avait reconnu ce qui aurait dû être fait en premier lieu. Il avait accepté le reproche et s'était non seulement soumis à la volonté de Dieu, mais il coopérait avec elle. C'est une marque de spiritualité, lorsqu'un homme est prêt à être corrigé et désireux d'apprendre.

Jacob lui-même montra une sensibilité surprenante pour le Seigneur dans cette même question, lorsqu'à son tour il approcha de la mort. Son grand acte de foi nous est aussi décrit comme s'affirmant au moment où il bénit les deux fils de Joseph. « Par la foi, Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph, et adora appuyé sur le bout de son bâton., (Hébreux 11 :21). Joseph lui-même trouva difficile d'accepter que le plus jeune fût béni avant l'aîné, mais Jacob insista. Il avait clairement appris sa leçon, c'est que, dans la maison de Dieu, toutes les préférences personnelles doivent être mises de côté, car seul le Seigneur a le droit de choisir et de décider.

2. La Tromperie fait Place à la Vérité

La chose qu'il nous faut ensuite relever, c'est que, dans la maison de Dieu, la lumière des cieux fait disparaître tout mélange ou toute erreur terrestre. Dans la maison d'Isaac, l'Éternel semblait être très loin, car toute l'atmosphère était remplie d'obscurité et de tromperie. Chacun agissait comme si l'Éternel n'eût pas été présent, y compris Isaac qui tenait tant à suivre sa propre voie. C'est parce qu'Isaac avait une mauvaise conscience qu'il put se laisser tromper par Jacob. S'il était aveugle, pourquoi se confier à ses propres sens du toucher et de l'odorat ? Pourquoi ne pas demander à l'Éternel Sa lumière? Il n'osait pas, car il n'était plus en contact avec l'Éternel. C'est parce que son œil spirituel était mauvais que son corps tout entier était plein de ténèbres. Pour Rébecca et Jacob aussi, l'Éternel semblait être très loin. Tant qu'ils avaient pu s'arranger à duper Isaac, ils n'avaient eu aucune crainte. Mais combien tout est maintenant différent à Béthel ! Là, Jacob s'écria: « Certainement, l’Éternel est dans ce lieu. »(Genèse 28 :17) ; et, à cet instant du moins, il semble n'avoir plus aucune illusion sur lui-même. L'Esprit qui gouverne dans la maison de Dieu est l'Esprit de vérité, de sorte qu'aucun aveuglement ni aucune tromperie ne peuvent y subsister.

A Béthel, Jacob entendit la voix même de Dieu. Dans la maison d'Isaac, il y avait eu beaucoup de voix, mais personne ne s'était arrêté pour écouter si Dieu parlait. Isaac, Ésaü, Rébecca et Jacob – tous, ils s'étaient joints au tumulte des voix humaines, exprimant leurs propres idées, et leurs desseins, et leurs projets, en vue de leur propre intérêt à chacun. Il y avait la voix de Jacob, si reconnaissable, que, Isaac n'eût-il pas été dans une telle hâte, il aurait su d'où elle venait et aurait été averti. Il y avait la propre voix d'Isaac, qui exprimait en vérité la volonté de Dieu, mais le faisait pour ainsi dire par erreur, malgré lui. Tandis qu'à Béthel, bien qu'il s'y soit trouvé beaucoup de messagers, l'on n'entendait qu'une seule voix – la voix de l'Éternel. C'était Lui qui parlait du haut de l'échelle.

3. Le Déclin Naturel fait Place à une Vie Nouvelle

Le contraste entre les deux maisons était aussi celui qui existe entre l'usure et le déclin humains, et le renouveau et la fraîcheur divins. Le trait pathétique de cette histoire d'Isaac dans ses vieux jours, c'est celui qui nous fait réaliser combien Isaac est devenu différent de ce qu'il avait été dans les premiers jours de sa vitalité spirituelle. Il avait reçu d'Abraham, son père, un riche héritage de piété, et nous savons quelle place Dieu avait eue dans ses propres commencements. Lorsqu'il eut grandi, il entra pour lui-même dans la vie de foi de son père. Le trait principal de sa vie d'adulte fut l'acte par lequel il creusa de nouveau les puits d'Abraham, qui avaient été comblés par les Philistins hostiles, comme pour montrer qu'il entrait personnellement dans la même marche avec Dieu que celle qu'avait suivie son père. Comme nous l'avons dit déjà, la naissance de ses deux fils jumeaux avait été le résultat d’un exercice spirituel et de la prière. Mais maintenant, il est devenu vieux, aveugle et indulgent pour lui-même. Cela est symbolique de tout ce qui est humain, car la détérioration et la décadence sont inévitables là où règne la vie naturelle. A Béthel cependant, Jacob est impressionné par l'énergie et l'activité sans effort de ceux qui sont sur l'échelle divine. Les anges de Dieu montent aussi bien que descendent; il y a là un courant et un flot constant de vie divine. La maison de Dieu sera toujours cela. Il y a là toujours du mouvement. Mais ce n'est pas l'impétuosité irréfléchie de ce qui sert la chair, c'est le mouvement vivant de ce qui sert le ciel.

4. La Petitesse fait Place à l'Élargissement

Nous voyons enfin que la maison de Dieu est le lieu où la petitesse et la limitation font place à un immense élargissement. Si un visiteur était entré, ce jour-là, dans la famille de Beër-Shéba, il aurait été impressionné par la petitesse de tout ce qui s'y passait. Pourquoi toutes ces intrigues et toutes ces querelles? Il y avait là une rivalité quant à la question de savoir lequel des deux frères hériterait de la plus grande partie des biens de leur père, toute cette passion et cette fourberie pour quelques possessions terrestres! Combien petit et mesquin se révèle toujours l'intérêt personnel! Lorsque Jacob fut sorti de cette atmosphère terrestre étouffante pour se trouver dans l'air céleste et clair de Béthel, il entendit Dieu parler de bénédictions aussi vastes que l'univers et aussi infinies que l'éternité. « T semence sera comme la poussière de la terre; et tu t’étendras à l’occident, et à l’orient, et au nord, et au midi, et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta semence. », Genèse 28 :14).

A partir de ce moment, Jacob est dans le chemin de l'élargissement. Après avoir été réduit à rien et avoir été obligé de tout lâcher, excepté les promesses de Dieu, il reçoit l'assurance qu'il n'y a point de petitesse en Dieu. Nous pourrions remarquer que, ce que Jacob reçut de sa tromperie, ce ne fut certainement pas une richesse de ce monde. Il y a une justice certaine dans les voies de Dieu, même pour des hommes comme un Ésaü. Tandis que ce dernier perdit l'héritage spirituel – il l'avait en tout cas méprisé et dédaigné – il ne perdit rien matériellement. Dans ce domaine, il ne fut pas déçu en fin de compte; en vérité, au lieu de ne recevoir qu'une part de la richesse d'Isaac, il eut plus que la portion du premier-né, car il eut le tout, et il reçut en plus, à la fin, un don spécial de Jacob. Jacob dut commencer par rien, et gagner sa propre fortune bien loin, en Syrie. Ce qu'il avait voulu saisir, il ne l'obtint pas; lorsqu'il abandonna, c'est toute la plénitude divine qui lui fut promise. Il semble avoir apprécié ce principe à Béthel, car c'est là qu'il s'engagea à donner à Dieu la dîme de tout. Dans la maison du « moi », les hommes cherchent leur propre intérêt, et tout est si mesquin; dans la maison de Dieu, l'homme – en soi – n'a rien, mais la grâce est là, pour le conduire dans la bénédiction et la plénitude universelles.

« C’est ici la maison de Dieu. » Peut-être quelqu'un se demandera-t-il où l'on peut trouver une telle maison. Notre réponse sera: partout, pourvu que soient remplies les conditions spirituelles. Cela ne dépend pas d'une localité. La maison de Dieu, ce n'est pas un lieu: c'est un peuple – un peuple pour et dans lequel le Seigneur est tout. Et ceux qui d’entre nous avons goûté ensemble une telle vie, nous sommes joyeusement d'accord avec la description de Jacob: « C'est ici la porte des cieux! ».

 

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