Les dons de grâce – 1

 

Introduction

S’il y a un sujet qui est très controversé dans les milieux chrétiens c’est bien celui des « dons de l’Esprit ». En effet, beaucoup de questions se posent concernant ce qui est appelé « les dons de l’Esprit ». Quels sont-ils ? Sont-ils toujours d’actualité ou ont-ils cessé au premier siècle ? Qui peut avoir un « don spirituel » ? A quoi servent-ils ? Etc.

Les polémiques existantes à ce sujet nous indiquent que cette question des « dons de l’Esprit » est épineuse. Certains excès ont provoqué quelques réactions qui ce sont soldées à leur tour par d’autres excès. Aussi, allons-nous essayer de voir ce que nous enseignent les Écritures à ce sujet.

(1) Définitions

Premièrement, il est intéressant de voir que l’expression tant utilisée « dons de l’Esprit » ne se trouve pas tel quel dans le Nouveau Testament. Deux mots sont traduits par « dons de l’Esprit » :

i) « Pneumatikos », qui veut dire littéralement spirituel. Il met l’accent sur la source, c’est à dire l’Esprit Saint. Par exemple nous lisons dans 1 Corinthiens 12 :1, où il est écrit dans l’original : « Or, pour ce qui concerne les spirituels. » Ce que nous devons saisir ici, c’est qu’il ne s’agit pas de choses, comme des « dons » en eux-mêmes, mais de personnes possédant un « don ». Nous ne trouvons pas ce mot dans les évangiles, il est strictement « post-Actes 2 ».

Un autre exemple est 1 Corinthiens 14 :1, où il est écrit dans l’original : « Poursuivez l’amour, et désirez avec ardeur les spirituels, mais surtout de prophétiser. » C’est à dire poursuivez, recherchez avec ardeur, ceux qui sont spirituellement inspirés.

A titre d’exemple, nous retrouvons ce mot pneumatikos dans :

« Mais celui qui est spirituel discerne toutes choses; mais lui n’est discerné par personne. », 1 Corinthiens 2 :15.

« Et moi, frères, je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ. » 1 Corinthiens 3 :1, (le mot « hommes » utilisé deux fois n’est pas dans l’original).

« Frères, quand même un homme s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez un tel homme dans un esprit de douceur, prenant garde à toi-même, de peur que toi aussi tu ne sois tenté. » Galates 6 :1.

ii) « Charismata », qui veut dire littéralement dons de grâce. Ici l’accent est mis sur le fait qu’un charisma (singulier) est issu de la grâce de Dieu. L’implication est qu’un tel don ne peut pas avoir son origine dans le croyant lui-même, et ne peut donc pas être « recherché » en lui, ni être « développé » ; c’est un don accordé par Dieu seul. Charismata (dons de grâce), contrairement à pneumatikos (spirituel) peut avoir plusieurs sens.

- Il peut vouloir dire le don de grâce de la part de Dieu pour les pécheurs : « Car les gages du péché, c’est la mort; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur.» Romains 6 :23.

- Il peut s’agir des privilèges conférés à Israël : « Car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir. », Romains 11 :29. (Ce verset ne peut s’appliquer qu’à Israël, ceci est déterminé par le contexte des chapitres 9, 10 et 11).

- Troisièmement, il peut signifier le don de grâce de la part de Dieu pour les croyants : « Or ayant des dons de grâce différents, selon la grâce qui nous a été donnée. », Romains 12 :6. « Ne néglige pas le don de grâce qui est en toi. », 1 Timothée 4 :14

- Quatrièmement, il peut signifier l’instruction donnée par quelqu’un: « Car je désire ardemment de vous voir, afin de vous faire part de quelque don de grâce [charisma] spirituel [pneumatikos], pour que vous soyez affermis. », Romains 1 :11.

- Cinquièmement, il est utilisé par Paul pour designer le don de célibat : « Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi; toutefois chacun a son propre don de grâce de la part de Dieu, l’un d’une manière, et l’autre d’une autre. », 1 Corinthiens 7 :7

- Enfin, il est usité pour désigner la délivrance divinement accordée en réponses aux prières : « Vous aussi coopérant par vos supplications pour nous, afin que, pour le don de grâce qui nous est accordé par le moyen de plusieurs personnes, des actions de grâce soient rendues pour nous par plusieurs. », 2 Corinthiens 1 :11.

Ce qui est frappant dans les exemples de ces deux mots c’est que nous n’y retrouvons pas l’expression « dons spirituels » telle que nous la connaissons aujourd’hui. En fait, l’expression « dons spirituels » semble être un amalgame entre pneumatikos et charisma. Il y avait, du temps du Nouveau Testament, une idée différente du mot pneumatikos de ce que nous en avons aujourd’hui, et il existait une grande variété d’utilisation pour le mot charismata.

Définition : un don de grâce est la dotation divine d’une capacité particulière et spirituelle à un membre du corps de Christ pour le service et l’édification de l’assemblée tout entière.

(2) A qui sont destinés les dons de grâce ?

Les dons de grâce sont exclusivement destinés aux assemblées locales, nous ne lisons pas autre chose dans le Nouveau Testament. Dans 1 Corinthiens 12, un chapitre principalement occupé par l’explication des dons de grâce, Paul fait le parallèle entre l’exercice de ces dons (versets 1-11, 28-31), et la nature même du corps de Christ (versets 12-27). Ce que l’apôtre veut démontrer c’est que les dons de grâce sont donnés pour l’édification du corps de Christ et pour rien d’autre.

Il est donc fortement questionnable de voir des « manifestations spirituelles » lors de « campagnes d’évangélisations », lors de « conventions », ou encore lors de « conférences ». Il n’existe pas d’exemples de ces choses dans le Nouveau Testament. Ceux qui insistent que les « conventions » sont un principe biblique, s’appuient exclusivement sur l’Ancien Testament et les convocations d’Israël pour les fêtes.

Les Écritures indiquent sans ambiguïté que les dons de grâce ont été donnés pour l’Église et pour elle seule, et plus précisément pour l’édification des assemblées locales :

« A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue de l’utilité. », 1 Corinthiens 12 :7.

« Ainsi vous aussi, puisque vous désirez avec ardeur des esprits, cherchez à en être abondamment doués pour l’édification de l’assemblée. », 1 Corinthiens 14 :12.

Le but principal de l’effusion de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte était afin d’équiper et de préparer l’Église pour qu’elle parvienne à la maturité que le Seigneur désire pour elle. Les mots « édification » et « édifier » se retrouvent sept fois dans le chapitre 14 de 1 Corinthiens. L’édification de l’assemblée est, selon les Écritures, le but des dons de grâce :

« Ainsi donc poursuivons les choses qui tendent à la paix et celles qui tendent à l’édification mutuelle. », Romains 14 :19

« Qu’est-ce donc, frères? Quand vous vous réunissez … que tout se fasse pour l’édification. », 1 Corinthiens 14 :26

Aussi, un don de grâce n’est jamais pour la gratification personnelle ; il est toujours suppléé par l’Esprit pour le bien de l’assemblée. Le Seigneur a donné des dons de grâce afin d’amener Son Église à la maturité, ainsi ils sont des moyens spirituels alloués aux assemblées en vue de la perfection, (Éphésiens 4 :12-16). Et en fait ces dons de grâce sont spécifiquement donnés pour l’édification des assemblées, aussi est-il nécessaire d’être parfaitement au clair quant à la nature et vocation de l’assemblée ; mais ceci est un tout autre sujet. Néanmoins, nous pouvons dire que si la vérité de l’assemblée n’est pas appréhendée, il y a peu de chance que nous comprenions la nature et la fonction des dons de grâce !

La question se pose de savoir quand et comment nous recevons les dons de grâce ? Certains disent que nous les recevons en même temps que l’Esprit Saint Lui même, à la nouvelle naissance. D’autres disent que nous les recevons au cours de notre vie chrétienne, la maturité spirituelle étant un facteur décisif. D’autres encore avance le fait que bien que les Corinthiens étaient spirituellement immatures ils avaient des dons de grâce.

Bien que ces questions soient légitimes, il y en a une qui domine toutes les autres. Les dons de grâce étant pourvus pour les assemblées, il est donc nécessaire de connaître la nature même de l’Église. C’est un des facteurs décisifs, qui nous permettra de connaître les réponses à ces questions, ceci est totalement ignoré par la grande majorité des chrétiens : les dons de grâce sont donnés pour l’édification des assemblées locales. Aussi, il est extrêmement important de savoir ce qu’est l’Église, et de connaître sa nature.

La plupart des églises aujourd’hui contiennent et pratiquent des choses que nous ne retrouvons pas dans le Nouveau Testament, (e. g. affiliations à diverses fédérations, le pastorat, l’élection d’anciens, les aspects associatifs, les traditions, etc. …). Aussi, comment le Seigneur peut-Il pourvoir les dons de grâce alors que Sa Parole est ignorée ou écartée au profit des traditions des hommes, (cf. Matt. 15 :3 ; Marc 7 :8) ? Alors même que, soit l’église survit très bien sans les dons de grâce, ou bien au contraire elle s’en invente ?

Ainsi, nous ne pouvons pas répondre à ces questions à moins de nous trouver sur le fondement posé par Dieu, dans les Écritures, quant à la nature de l’assemblée.

(3) La nature des dons de grâce

Ce paragraphe est extrêmement important, car il y a une grande confusion quant à ce que sont ou ne sont pas les dons de grâce. Il ne faut pas confondre les dons de grâce avec le talent, les dons naturels, les dispositions des hommes à pouvoir faire certaines choses. Par exemple, ce que nous voulons dire par « il a un don pour la musique », c’est que cette personne est dotée d’une aptitude naturelle qui dépasse la moyenne ; mais, bien entendu, il n’y a rien de spirituel à cela. Beaucoup parmi ceux qui clament avoir un « don spirituel » ont en fait une habilité toute naturelle qu’ils mettent au service de la foi ou de leur église. Une grande majorité de ces soi-disant dons, ne sont en fait que des capacités naturelles.

Aussi, avoir un don de grâce ne veut pas dire être doué pour un lieu de service particulier : « il a un don pour œuvrer dans les quartiers difficiles ». Ce n’est pas non plus avoir un « ministère » pour une certaine classe de gens : « il a un don pour travailler avec les jeunes. » Toutes ces choses, ne sont que des facultés et des compétences naturelles comme en ont les gens non-régénérés et n’ont rien à voir avec ce que nous enseigne la Parole de Dieu sur les dons de grâce. Il est déplorable de voir combien et comment ces dispositions toutes naturelles sont mises en avant et utilisées dans la Chrétienté. Dans beaucoup de milieux, ces choses remplacent les dons de grâce croyant qu’elles sont issues de l’Esprit Saint. Ceci a pour résultat beaucoup de confusion et que les vies demeurent infructueuses. Une des raisons principales de ces erreurs est qu’aucune distinction n’est faite entre l’âme et l’esprit, et beaucoup de choses qui sont dites et faites sont attribuées à l’Esprit alors qu’elles sont en fait issues de l’âme. Le résultat catastrophique d’une telle attitude est que l’Esprit Saint est totalement ignoré.

Enfin, lorsqu’un don de grâce était exercé dans l’église primitive, ni la personne, ni le don, n’étaient mis en avant et glorifiés. Dans le livre des Actes, beaucoup de dons de grâce étaient exercés, mais jamais nous ne lisons que les dons de grâce mêmes, ni ceux par qui ils étaient opérés avaient un statut particulier dans les assemblées. L’exercice et l’opération des dons de grâce étaient, tout du moins, dans les assemblées du Nouveau Testament, quelque chose de normal et de courant ; personne ne s’enorgueillissait quant au fait que les dons de grâce étaient présents.

(4) Distinction des dons de grâce

Il y a dans le Nouveau Testament deux passages principaux traitant des dons de grâce, et d’autres passages secondaires ; voici ces passages et les dons mentionnés:

a) Romains 12 :6-8

La prophétie, le service, l’enseignement, l’exhortation, la distribution, la conduite, l’exercice de la miséricorde.

b) 1 Corinthiens 12 : 8-10

La parole de sagesse, la parole de connaissance, la foi, les guérisons, les opérations de miracles, la prophétie, les discernements d’esprits, les langues, l’interprétation des langues.

i) 1 Corinthiens 12 :28

Les apôtres, les prophètes, les docteurs, les miracles, les guérisons, les aides, les gouvernements, les langues. Nous traiterons des « apôtres, prophètes et docteurs » dans une étude ultérieure.

ii) Éphésiens 4 :11

Apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs, docteurs. Ce passage a plusieurs particularités par rapport aux autres, nous y reviendrons plus tard.

iii) 1 Pierre 4 :7-11

Parler, le service.

Les divers « dons de grâce », mentionnés dans la Parole de Dieu, sont donc les suivants : la prophétie, le service, l’enseignement, la distribution, la conduite, l’exercice de la miséricorde, la parole de sagesse, la parole de connaissance, la foi, les guérisons, les opérations de miracles, les discernements d’esprits, les langues, l’interprétation des langues, les aides, les gouvernements.

Notons que certains dons de grâce sont au pluriel. Par exemple, il est incorrect de parler du « don de guérison », ou que quelqu’un a le « don de guérison » ; les Écritures disent les guérisons.

De cette liste nous pouvons faire plusieurs observations. Premièrement, il est fort probable que ces « listes » ne soient pas exhaustives, certains de ces « dons » ne sont donnés qu’à titre d’exemple, (e. g. 1 Corinthiens 13 :1-3). Par ailleurs, certaines choses auraient pu être considérées parfois comme un « don », comme par exemple la prière. Personne ne peut nier le fait que certains chrétiens, à travers les âges, avaient une capacité exceptionnelle quant à la prière ; une capacité qui ne pouvait avoir été donnée que par le Seigneur.

Par surcroît, nous lisons que d’avoir un psaume était égal à avoir un enseignement ou une langue, (1 Corinthiens 14 :26) ; ceci démontre que les « listes » élaborées ici et là ne sont pas complètes. Combien y a t-il de « dons de grâce » en tout, personne ne le sait ; car les Écritures ne nous donnent que quelques indications quant à ceux-ci. Ceci justifie le fait que nous ne devrions pas être dogmatiques en ce qui concerne les choses spirituelles, et que nous de pouvons pas systématiser les choses que nous trouvons dans la Parole de Dieu.

Je pense qu’il est juste de considérer Éphésiens 4 :11 séparément. En effet, il semble y avoir des différences importantes entre les « dons » listés ci-dessus et le fait que Christ ait donné des apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs. La liste établie ci-dessus décrit des aptitudes spirituelles. L’Esprit de Dieu rendait capables de faire certaines choses, qui étaient naturellement impossible à faire. Les « dons » énumérés dans Éphésiens 4 sont des hommes qui sont divinement équipés pour accomplir une œuvre.

(5) Le sujet des dons de grâce divise

Ce sujet particulier a divisé les chrétiens en deux camps principaux :

a) Ceux qui ne croient pas que les dons de grâce sont pour aujourd’hui, ou du moins qui croient que certains dons ne sont plus pour aujourd’hui ; les chrétiens adoptant cette attitude sont appelés « cessionistes » (les dons ayant cessés). Ce camp inclus la majorité des chrétiens évangéliques, y compris les Frères. La plupart de ceux-ci mettent en avant l’intellect et donc la connaissance, ils ont, en général, une approche toute rationnelle envers les Écritures ; et sont donc très suspicieux envers tout ce qui leur semble irrationnel.

Pour ceux qui adoptent une attitude mitigée entre les « cessionistes » radicaux et les « non-cessionistes », les dons considérés comme ayant cessés sont : les apôtres, les prophètes, la prophétie, les miracles, les guérisons, les langues, les interprétations de langues et les discernements d’esprits.

b) Ceux qui au contraire, croient que tous les dons de grâce sont toujours actuels sont appelés « non-cessionistes ». Ce camp inclus, en particulier, les pentecôtistes et les charismatiques, mais aussi certains chrétiens évangéliques. Le plus grand nombre de ceux-ci mettent en avant les sens, les émotions, et donc les expériences. Il s’ensuit que, dans ces milieux, beaucoup de choses interprétées comme étant des « dons spirituels » sont en fait les activités de l’âme. Ils se refusent à rejeter quoi que ce soit se trouvant dans la Bible concernant les « dons spirituels ». Beaucoup d’entre eux considèrent que les dons donnés aux hommes dans Éphésiens 4 sont toujours d’actualité.

Nous pouvons faire quelques observations quant à ces deux camps. Chacun d’eux mettent en avant certains passages bibliques, que nous considèrerons plus tard, pour « prouver » leur position. Les termes « cessionistes » et « non-cessionistes » sont relativement récents et ne se rencontre que dans les milieux académiques, comme les écoles bibliques. La position des « cessionistes » est en fait une réaction aux mouvements pentecôtistes et charismatiques. Autrement dit cette école est très moderne dans le sens où le mouvement pentecôtiste remonte au début du 20e siècle, et que le mouvement charismatique ne date que depuis la fin des années 1950 ; avant cela personne ne s’intéressait vraiment aux « dons spirituels ». Ceci est intéressant, et devrait nous interpeller par trois fois :

1) Il semble que l’Église, du second au 20e siècle, excepté quelques mouvements marginaux, ne se soit pas préoccupée des « dons spirituels » ; elle a survécue sans mettre l’accent sur ces choses. La question que l’on peut se poser est : les « dons spirituels » sont-ils alors indispensables ? L’Église qui a survécue et prospérée pendant près de 20 siècles sans se soucier aucunement des « dons spirituels », ne prouve t-elle pas qu’elle pourrait exister ainsi jusqu’au retour du Seigneur ?

2) Mais cette Église, prise au sens général du terme, a été moins que « glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable … sainte et irréprochable. », (Éphésiens 5 :27). Certes elle n’a aucunement éprouvé le besoin d’avoir et d’exercer les « dons spirituels », mais ne s’est-elle pas appauvrie spirituellement par la même occasion ? Aussi, n’a t-elle pas remit en question et en danger sa croissance spirituelle et donc son témoignage ?

3) Il y a une troisième remarque que nous devons faire. Est-il possible que l’Église ait exercé les « dons spirituels », tout du moins quelques uns, sans qu’elle ni ait apporté une importance démesurée ? Sans, en quelque sorte, qu’elle ne trouve anormal l’exercice de ces « dons » ? Il est fort possible, que dans certains milieux, ceci ce soit passé : des « dons spirituels » étaient effectifs sans que l’accent soit mis sur eux, ni sur les personnes à travers lesquelles ils avaient été opérés. L’histoire de l’Église témoigne, qu’à travers les âges, le Seigneur est intervenu à maintes fois pour secourir et aider Son Église. Par exemple, ne voit-on pas l’exercice du don de la foi dans ces chrétiens qui étaient jetés aux fauves dans les arènes ? Cette démonstration de foi extraordinaire n’était-elle pas un formidable catalyseur de courage pour les assemblées ?

Pour conclure ce paragraphe, il est triste de constater que ce sujet des « dons spirituels » divise les chrétiens, alors même que Paul nous dit que nous sommes supposés être conduits « jusqu’à ce que nous parvenions à l’unité de la foi. », Éphésiens 4 :13.

(6) L’actualité des dons de grâce

Aucun passage des Écritures ne nous indiquent que les dons de grâce énumérés dans Romains 12 et 1 Corinthiens 12 ont cessés à un point donné de l’histoire de l’Église. Beaucoup avancent que les dons de grâce ont pris fin avec la complétion du canon du Nouveau Testament. Néanmoins, cette hypothèse ne peut pas être prouvée par les Écritures ; à moins de se lancer dans des interprétations hasardeuses de quelques passages.

Les dons de grâce sont toujours actuels. Mais ils ont été donnés exclusivement pour l’édification des assemblées, et ils y sont manifestés sans que personne n’élève au delà de l’ordre divin ni ces dons ni ceux par qui ils sont manifestés. L’exhortation de l’apôtre Paul s’applique particulièrement bien ici : « Que toutes choses se fassent avec bienséance et avec ordre. », 1 Corinthiens 14 :40.

 

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