Le Seigneur Vivant 

John W. Kennedy

 

En considérant le livre des Actes nous sommes impressionnés par la consécration des assemblées envers Christ. Ceci était de toute évidence l’œuvre de l’Esprit Saint. Il n’attirait pas l’attention envers Lui-même mais rendait témoignage de Christ comme le Seigneur l’avait prédit (Jean 15 :26).

Dans ce livre des Actes nous voyons des gens qui ont été fortement affectés par la crucifixion. Certains avaient été des témoins oculaires de l’exécution de Jésus, d’autres étaient témoins de sa résurrection et avaient parlé avec Lui. D’autres encore étaient avec Lui lorsqu’Il fut élevé de la terre et emporté par la nuée. Mais tous furent profondément influencés et touchés par ces évènements. Le Seigneur était vivant, ceci n’était pas le résultat de pensées pieuses – c’était un fait historique. Sa présence au milieu des siens n’était pas une mystification, c’était bien réel.

Cette réalité demeure aujourd’hui, mais trop souvent elle est ignorée, séparés comme nous le sommes par plus de deux mille ans depuis les évènements de la croix. Nous parlons toujours du Christ ressuscité et du Seigneur vivant, mais ces expressions sont devenues la plupart du temps des clichés. Elles devraient traduire l’expression sublime de la réalité de la présence de Christ, Celui avec qui chacun d’entre nous doit avoir à faire. En contemplant les innombrables problèmes auxquels doivent faire face les assemblées du Seigneur aujourd’hui, nous avons besoin de demander à Dieu de renouveler la vision de la réalité de Christ en nous et dans les assemblées.

Lorsque Pierre déclara la suprématie de Christ, le Seigneur lui répondit que sur Lui-même – le roc – Il bâtirait son invincible assemblée, (Matthieu 16 :16-18). Il ajouta plus tard : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d'eux.), Matthieu 18 :20. Dans la vie de toute assemblée, la présence de Christ doit être notre critère de référence. Quelque soient nos difficultés ou nos besoins, nous devons toujours maintenir cette grande vérité ; sinon nous serons dans une grande confusion.

A Corinthe nous avons un exemple de la négligence de ce principe spirituel. La loyauté envers Christ avait été remplacée par une loyauté envers Paul, Apollos ou Pierre. Ils étaient tous les trois des hommes de Dieu dont le service avait été une source de bénédiction. Malencontreusement les vérités qu’ils enseignaient conduisaient à des dissensions, car elles étaient acceptées comme une finalité au lieu d’être considérées comme un tremplin vers la plénitude de Christ.

Les erreurs ne sont pas les seuls dangers qui assaillent les assemblées. Des vérités partielles sont tout aussi dangereuses si elles sont considérées comme étant entières. Nous devons reconnaître que chaque homme ne peut dispenser que des vérités partielles, c’est ce que confessa l’apôtre Paul aux Corinthiens : « maintenant je connais en partie », 1 Corinthiens 13 :12. La plénitude de la vérité ne se trouve qu’en Christ. Une loyauté envers une vérité partielle divisera toujours. Mais la loyauté envers la vérité absolue – Christ – sera une source d’unité. C’est précisément ce que les Corinthiens ne comprenaient pas.

Ce qui vient d’être dit ne signifie pas que les Corinthiens auraient dû rejeter Paul, Apollos ou Pierre. Au contraire, le service de chacun était nécessaire et contribuait à une pleine compréhension du Seigneur. L’erreur était que la loyauté envers un seul d’entre eux excluait la contribution des autres. Ceci était tout aussi valable pour ceux qi disaient : « Moi, je suis… de Christ ». En clamant être de Christ ils rejetaient le ministère de ceux qu’Il leur avait envoyés. Si nous sommes vraiment loyaux envers Christ, nous ne rejetterons pas les moyens qu’Il emploie pour notre édification. Parallèlement, nous ferons attention de ne pas exalter un serviteur au-delà de ce qui est préconisé dans la Parole, afin qu’il ne s’arroge pas la place qui revient à Christ. L’insistance avec laquelle Paul commence sa lettre quant à la souveraineté de Christ, démontre combien les Corinthiens avaient négligé de donner à Christ la place qui lui revenait.

« Je n'ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. », 1 Corinthiens 2 :2. C’est en ces termes que l’apôtre Paul annonça le Seigneur aux Corinthiens. Sa suprématie était ancrée dans son humilité, il était le Dieu qui devint Homme afin de mourir pour les hommes. Devant un tel Christ tous les hommes sont réduits à néant. Lequel d’entre nous pourrait se vanter d’égaler un tel sacrifice ? Tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons appris s’estompe dans une insignifiance totale devant la croix de Christ. La croix est la grande égalisatrice, à sa lumière nous sommes tous également rien.

Le Christ qui réside au milieu de nous est le Christ du calvaire. Nous rendons témoignage de cette vérité à chaque fois que nous prenons part au repas du Seigneur. Là nous témoignons de sa mort jusqu’à ce qu’Il vienne. En faisant ceci nous reconnaissons sa grandeur incommensurable dans sa suprême humiliation. Sa prééminence éclipse tous les hommes et toutes choses et nous nous inclinons tous dans l’adoration.

L’égalité est le principe-même de la communion. Nous avons tous probablement vécu une cassure dans la communion fraternelle lorsque que quelqu’un s’octroie une attitude de supériorité spirituelle. Il est tout aussi vrai que certains sont plus matures que d’autres et que nous refusons de les reconnaître à nos dépens. Mais lorsqu’une personne supposément plus mature qu’une autre utilise ce moyen pour asseoir une certaine autorité sur les autres, alors la communion est aussitôt mise en danger. Notre communion est sauvegardée lorsque l’unique point de mire est le Christ crucifié.

Si nous prenons sérieusement le fait que Christ demeure au milieu de son peuple, il en découle alors qu’il existe au sein-même de cette assemblée le potentiel de pouvoir subvenir à toutes les exigences et nécessités qu’elle rencontrera. Si toutes nos capacités sont de Christ et s’Il est réellement présent, alors il n’y aura aucune lacune. S’il y en a, la raison vient du fait que nous n’avons pas su nous approprier ce qui a été mis à notre disposition en tant qu’assemblée. Le conflit spirituel dans le lequel les assemblées sont constamment engagées, est axé sur la suprématie de Christ. Lorsqu’Il est détrôné, la confusion prédomine. L’objet de tout service et ministère, est de mettre en avant le Christ qui est au milieu de nous, afin que nous trouvions en Lui tout ce dont nous avons collectivement et personnellement besoin.

Dans le Nouveau Testament nous voyons qu’il y avait un esprit de respect mutuel entre les assemblées dont toutes bénéficiaient, chacune d’entre elles était directement responsable envers Christ. Ceci émane toujours de la présence du Seigneur au milieu de son peuple. Quand le plus grand de tous demeure parmi nous, nous ne pouvons donner notre allégeance à qui que ce soit d’autre. En même temps, le Seigneur ne demeure pas au sein d’une seule assemblée, où que soit assemblé son peuple en son Nom, Il est là au milieu d’eux. Ceci signifie que, comme nous reconnaissons la présence du Seigneur parmi nous, nous devons reconnaître la même chose pour les autres assemblées où Il est tout aussi présent. Si nous pratiquons ceci, il n’y aura jamais d’assemblée au-dessus d’une autre ; il y aura une véritable égalité et communion. Ce que quelques uns ont appris du Seigneur par le ministère de la Parole, pourra être partagé avec d’autres ; non pas dans un esprit de supériorité ou de domination, mais par amour et respect mutuel.

La chose la plus importante est que la présence du Seigneur parmi son peuple ait pour conséquence d’engendrer notre responsabilité envers Lui. Le peuple de Dieu dans l’assemblée, que ce soit individuellement ou collectivement, doit apprendre à être redevable envers Lui ; « Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l'homme Christ Jésus. », 1 Timothée 2 :5. La présence du Seigneur vivant garantit que ce Médiateur est parmi nous. Si nous voulons avoir affaire à Dieu nous devons aller à Lui seul. Tout ce qui se fait parmi nous, le ministère de la Parole, la communion de son peuple, etc. doit nous diriger vers Lui. Lorsque l’assemblée a appris ceci, elle est engagée sur le chemin de la maturité.

 

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